Notre revue Historiens & Géographes

N° 421 janvier-février 2013

Agoras de Grenoble 2ème partie

  • Sommaire
  • Édito
  • Suppléments (1)
  • Journée nationale sur le Centenaire de la Première Guerre mondiale le samedi 13 avril 2013 à Paris. (APHG et mission du centenaire). page 6.

EDITORIAL

  • Les quatre saisons. (Bruno Benoit). page 7.

HOMMAGE

  • Pierre Aycoberri. (Robert Steegmann, Françoise Uberfill). page 11.

  • Journée nationale de formation continue sur les nouveaux programmes de Terminale le samedi 26 mai à Paris. page 13.

ACTIVITÉS DE L’APHG

  • Assemblée générale du 25 novembre 2012 (Aleth Briat, Claude Ruiz). page 17.
  • Commission nationale pédagogique des lycées. (Marie-Alice Hellman, Pascale Guyon). page 23.
  • Commission nationale pédagogique des collèges. (Christian Laude). page 25.
  • Commission universitaire (Franck Collard). page 27.
  • Commission Europe. (Jacqueline Houlgatte). page 28.
  • Commission Civisme. (Christine Guimonnet). page 29.
  • Intervention de Serge Barcellini à l’Assemblée générale : les professeurs face au défi mémoriel. page 31.
  • Propositions de l’APHG pour des aménagements de programme d’Histoire et de Géographie en Premières et Terminales L, ES et S. page 35.
  • Etude comparée des propositions faites par l’APHG et le Ministère. page 43.
  • Arrêté du 5 novembre 2012 sur les allégements en Ière. page 49.
  • Arrêté du 19 décembre 2012 sur les horaires en 1ère et Terminale 2013/2014. page 50.

PÉDAGOGIES

Classes de 5ème et de Seconde

  • Le coin de la CFHM : la bataille d’Azincourt. (Christophe Gilliot). page 53.
    Classe de 6ème.
  • La Chine des Han (Paul Stouder). page 55.
    Classes de 5ème et de seconde.
  • Commentaire d’un plan de demeure médiévale (Valentine Weiss et Annick Pégeon) Voir l’encart couleurs. page 66-67.
  • Les bouleversements intellectuels et culturels (XVè-XVIIè siècles). La Renaissance, un objet historique et mise en œuvre dans nos classes (Ludovic Vandoolaaeghe). page 69.

CNRD

Classes de 3ème et de 1ère.

  • Résister dans les camps nazis. (Marie-Renée Andreascu). page 73.
    Etudiants, classes préparatoires, lycées
  • Festival de Géopolitique et d’économie de Grenoble. (Pascal Gauchon). page 74.

Classe de 3ème

  • Pour un prolongement de l’Histoire des Arts au collège. Le musée du Jeu de Paume sous l’occupation. (Kevin Labiausse). page 75.

Classe de Terminale.

  • Puissance américaine culture et religion. (Jacques Portes). page 87.
  • Analyse de séquences filmiques : Cecil B. Demille, Cléopâtre. (Eric Auphan). page 89

Internet

  • Chronique. (Daniel LETOUZET). page 93.

Mémoire et Histoire.

  • Un symbole pour l’Histoire, 40ème anniversaire de la Croix de Lorraine. (Cécile Toti). page 99.
  • La mission du centenaire de la Premierre Guerre mondiale. (Alexandre Lafon, Sébastien Laurent). page 105.

LE POINT SUR

Rapports 2012

  • Agrégation d’Histoire. (Michel Cassan). page 111.
  • Agrégation de Géographie. (Yves Jean). page 163.

DOSSIER : Agoras de Grenoble – Journées nationales de l’APHG. Seconde Partie

Coordonné par Michèle Poncelet, Pierre Foucras, Danielle Trébucq.

  • La Généalogie a le vent en poupe. (François Lefebvre). page 214.
  • Histoire et Patrimoine de l’électricité dans les Alpes du Nord. (Denis Varaschin). page 215.
  • Grenoble, un nouveau modèle d’urbanisme : repenser les friches militaires et industrielles, l’innovation urbaine (éco-quartier de Bône, Bouchyer-Viallet, Esplanade). (Gilles Laurent). page 231.

MISE AU POINT

Classes de troisième et de Terminale.

  • La France et la dissuation nucléaire. (Marie-Noëlle Berquier). page 237.

Mémoire et Histoire

  • Stèle à la mémoire des 143 juifs déportés des Deux Sèvres. (Guy Brangier). page 258.

VOIR ET ÉCOUTER

  • Cinéma : Week End Royal. (Françoise Debrabant). page 237.
  • Analyse de séquence filmique. « Une journée particulière » (1977), Ettore Scola. (Richard Galliano-Valdiserra). page 263.
  • Expositions. (Alain Laude et alii). page 273.
  • Musique. (Philippe Gut, Philippe Zwang). page 289.
  • Théâtre. (Jacques Portes). page 293.

Mémoire et Histoire

  • Bir Hakeim 70ème anniversaire de la bataille, une commémoration parmi d’autres en 2012. (Aleth Briat). page 298.

LIRE ET RELIRE

  • Hg a noté. (Alain Laude, Claude Ruiz). page 299
  • Les revues. (Alain Laude, laude Ruiz). page 305.
  • Lire : Histoire des Justes en France. (P. Cabanel) par G. Cholvy. page 313.
  • Remise du Prix d’Histoire de Verdun. (Jean-Pierre Rioux). page 315.
  • Les livres. page 319.
  • Mots croisés. (Joseph estèves). page 351.

Photo de couverture :
1-Grenoble, 2-La vallée de l’Arve et le Mont Blanc, 3-Le portail de l’abbaye de Saint Antoine,
4-Le monastère de la Grande Chartreuse, 5-Anémone printanière, 6-Le lac noir et la Meije (plateau de l’Emparis),
7-Le Charmant Som s’empourpre au coucher du soleil (Chartreuse),
8-La vallée de l’Oisans sous ses parures d’automne
Montage et photos Pierre Foucras

Bruno Benoit, président de l'APHG
Bruno Benoit, président de l’APHG
L’hiver

L’hiver fut très chaud L’APHG avec ses États généraux de l’Histoire et Géographie le 28 janvier au lycée Louis le Grand et à la Sorbonne occupe le devant de la scène contestataire à la réforme Chatel. Par sa mobilisation des collègues et des médias, par les travaux d’ateliers sur différents thèmes au cœur des préoccupations des collègues, l’APHG porte un coup mortel à la volonté du Ministère de vouloir transformer l’enseignement de nos deux matières en option facultative en Terminale S, et d’ancrer dans la durée l’épreuve du bac en Histoire et Géographie en 1 °S. Ces États Généraux, dans la grande tradition de l’APHG, outre la convivialité de la journée, déclenchent, ce qui est notre objectif, chez certains candidats à l’élection présidentielle – en particulier le discours du 9 février 2012 de François Hollande à Orléans -, une prise de parole encourageante par la remise en cause des deux changements évoqués plus haut. L’APHG, une fois ce moment passé, ne baisse pas sa garde et multiplie les courriers, les contacts avec des élus et des personnalités de tous bords, tant au niveau national que régional. La température mobilisatrice reste élevée lorsqu’est rédigé un Manifeste des États généraux de l’Histoire et de la Géographie qui, par la force des idées énoncées, s’inscrit comme notre carnet de route. L’hiver s’est donc terminé dans la chaleur suscitée par les espérances envisagées au cours de mois de mobilisation.

Le printemps

Il fut chaud

Le printemps commence à peine que le 26 mars, l’APHG est invitée rue de Solférino. La rencontre avec des conseillers de François Hollande en charge du dossier éducation est positive, car l’APHG est écoutée sur ses grandes revendications : rétablissements en TS, horaires, programmes, formation. De plus, le 11 avril, l’APHG présente son Manifeste1 1 au Lycée Louis le Grand devant un aréopage garni de collègues et d’amis de notre Association, tant dans la société civile que dans le monde des associations de Résistants et de Déportés. Cette publication lui a permis de faire connaître ses idées, ses revendications, ses travaux. L’APHG est reçue en juin par le député Yves Le Déault, Membre du Pôle Education du candidat François Hollande, Michel Kaplan, membre de la délégation de l’APHG, le 11 exactement (encore une date historique!) plaide par la création d’un ministère spécifique de l’enseignement supérieur, demande une augmentation des postes aux concours des agrégations d’histoire et de géographie (…) et propose un plan.

L’élection de François Hollande nous donne de grandes espérances quant au retour de l’enseignement obligatoire de l’Histoire/Géographie en TS et du retour de l’épreuve de bac pour ces matières en TS. En effet, ce retour est bien acté par le nouveau Président et son ministre de l’Éducation nationale. En revanche, si l’APHG soutient qu’il est nécessaire d’améliorer le fonctionnement de l’école primaire et de revenir à un horaire de 4 jours et demi, elle-même a mis l’accent sur l’incohérence des programmes d’Histoire à l’école primaire, les propos du ministre Vincent Peillon évoquant une volonté de diminuer les horaires en lycée et sa priorité absolue pour l’enseignement primaire entraînent une baisse de température et font craindre un refroidissement hors de saison ! Le l8 juin – date ô combien historique – une rencontre entre une délégation de l’APHG et deux conseillers de Vincent Peillon a lieu au Ministère de l’Education nationale, au lendemain de la victoire du PS aux législatives et à la veille de la « grande concertation pour la « Refondation de l’École », à laquelle nous ne sommes pas invités. Cette rencontre, voulue par le Ministère, nous permet de réaffirmer ce pour quoi nous nous battons depuis plusieurs mois : horaires décents, programmes de 1 °S aménagés, retour du bac en TS, formation des enseignants, augmentation des postes aux concours, capes et agrégation et remise de ces deux concours dans le même tempo chronologique, travail d’ensemble sur les programmes et ce depuis l’école primaire. On nous écoute, voire on nous entend, mais aucune promesse solide ne nous est faite. Le printemps s’est donc terminé avec une réelle baisse de température quant aux espérances envisagées.

L’été

Il fut tiède

La rupture estivale débouche sur un mois de septembre qui fait succéder le chaud et le froid d’où cette tiédeur ressentie. Début septembre, une délégation de l’APHG est reçue à la Dgesco où la question des horaires pour le couple 1 °S/TS commence à faire débat, puisqu’un horaire de 5 heures pour ces deux classes est alors avancé par l’administration scolaire, la répartition 1 °S/TS n’étant pas alors faite. L’APHG campe sur 5 heures et demie. Un léger vent froid commence à souffler depuis le Ministère, vent renforcé par le souffle d’autres acteurs de la scène éducative qui plaident pour la portion congrue pour l’Histoire/Géographie2 2. L’APHG plaide aussi fortement pour des aménagements immédiats dans les deux matières afin d’apporter aux collègues et aux élèves une réponse attendue en 1°S face à l’enseignement des nouveaux programmes démesurés dans leurs ambitions et, pour l’Histoire, orphelins d’une véritable chronologie. Les nouvelles qui nous arrivent quant au pourcentage d’élèves de Terminales ayant choisi l’option à la rentrée 2012 nous confortent dans notre combat citoyen et permette de réchauffer l’atmosphère.

L’automne

Il fut glacial La réunion du 9 octobre à Paris avec l’Inspection générale et le groupe d’experts, un cercle de collègues choisis par la Dgesgo et elle, et dont un seul d’entre eux est membre de l’APHG, est une douche froide. L’APHG arrive à la réunion avec l’espoir des 5 heures et demie et d’un minimum de 5 heures. Or, une décision vient d’être prise au plus haut niveau sur un horaire 1°S/TS de 4 heures et demie, alors que nous devions, lors de cette réunion, nous mettre d’accord sur les horaires ! Ô rage, ô désespoir, qu’a donc fait l’APHG pour cette infamie ! La tension est grande, l’APHG réagit fortement, mais les dés semblent jetés. La matinée se termine par un débat sur le programme de 1°S où nous présentons nos aménagements attendus et sur une présentation de notre réflexion sur les programmes de Terminales. Le froid s’est abattu, même si les rencontres de Blois font remonter la température et si l’APHG n’hésite pas à « tisonner » (!) les braises du printemps auprès de pas mal d’interlocuteurs, dont l’Inspection générale mais aussi syndicats et associations. Cependant la messe est dite et les 4 heures et demie sont entérinées.

L’APHG voit ses aménagements retenus pour la 1 °S, mais si cela s’avère fondamental pour un enseignement où la préoccupation essentielle est l’élève, la parution toute récente au JO de 2 heures et demie en 1°S et de 2 heures en TS confirme que l’hiver est de saison puisqu’il est cette fois, à la différence de 2012, glacial3.3

Le froid glacial souffle lors de la réunion du 21 janvier 2013 avec la Dgesco et le même interlocuteur depuis mars, Monsieur Jean-Pierre Delahaye, devenu directeur général de la Dgesco. Il nous est confirmé l’horaire indécent pour les 1 °S/ TS. Il nous est dit que cela correspond à une période transitoire… vous avez dit transitoire… !!!! Cette décision est inadmissible. Outre la gestion de la demi-heure par les chefs d’établissement, cet horaire est un recul historique et citoyen contre lequel l’APHG ne cessera de se battre aujourd’hui, demain et après-demain au nom de ceux et celles qui pensent qu’une génération de scientifiques porteurs de références fortes historiques et géographiques donneront des ingénieurs, des managers plus à même d’agir dans la société et le siècle.

Perspectives 2013

L’APHG reste persuadée qu’une refonte entière des programmes, à laquelle elle tient à être associée est indispensable. Tous les programmes sont trop ambitieux compte tenu des horaires alloués, trop coupés de la chronologie en histoire, trop éloignés des savoirs fondamentaux en histoire et en géographie, en particulier en géographie physique. L’APHG aime à rappeler que la préoccupation de ses membres – espérant que cela doit être aussi la préoccupation de tous les professeurs et de l’Inspection – est l’élève et non une satisfaction intellectuelle de faire de beaux programmes sur le papier, mais difficiles, voire impossibles, à transférer avec des horaires indécents dans des classes de plus en plus hétérogènes. Cette remarque est applicable de l’école primaire au lycée. L’APHG rappelle qu’elle n’est nullement contre des initiatives nouvelles dans la façon d’aborder les grandes questions historiques et géographiques, à condition de ne pas sacrifier les fondamentaux, car l’absence de ceux-ci se révèle catastrophique quand on veut bâtir de façon plus ambitieuse. C’est pourquoi l’APHG a mis en place, outre ses commissions spécialisées, des équipes qui réfléchissent, non à bâtir une architecture complète, mais à dessiner quelles devraient être les grandes lignes, adaptées à chaque niveau, des futurs programmes, afin que l’élève trouve dans nos matières de quoi se structurer intellectuellement, scientifiquement et méthodologiquement, sans stress dû à une course permanente et permettant – je le dis aux fédérations de parents d’élèves – d’être le « passeur » de connaissances et d’explications, celui qui ouvre des horizons spatio-temporels. La volonté de l’APHG est de continuer à faire de l’Histoire et de la Géographie deux matières attractives pour les élèves par leur contenu, mais aussi fondamentales dans l’acquisition de la citoyenneté et du vivre ensemble. Nous les enseignants d’Histoire et de Géographie de l’APHG sommes conscients de l’importance de nos matières dans le devenir professionnel de nos élèves dans le monde qui sera le leur. Pour réussir ce challenge qui nous tient à cœur, le Ministère doit comprendre qu’on ne peut pas faire cela avec des horaires au rabais et des programmes qui visent l’intellectualisme et non le réalisme, qui lui, est contenu dans la lecture structurée du temps qui passe et des territoires dans lesquels l’homme évolue.

Parmi les nombreux points à revoir, l’APHG dénonce un décalage au DNB4 1 pour les épreuves en fin de Troisième entre les consignes valables pour le brevet professionnel et le brevet général5 J4 Il est possible d’établir la même grille de questions pour ces deux filières, car le Front populaire mérite d’être connu par tous les jeunes Français ! Il en va de même pour la décolonisation qui ne porte plus pour le premier brevet que sur l’Algérie et non sur l’Inde, curieux ce repli sur le francocentrisme à une époque où les émergents sont appelés à jouer un rôle essentiel !

L’APHG se réjouit de l’augmentation, certes légère, des candidats aux concours, mais elle constate que l’Histoire ou la Géographie sont souvent diluées dans des parcours où la spécificité de nos matières est de moins en moins lisible. De plus, l’APHG refuse de voir le CAPES devenir un concours où la dimension scientifique s’effacerait devant l’approche professionnalisante au profit des sciences de l’Éducation, ce qui semble être l’orientation comme il nous l’a été dit le 21 janvier 2013. Enfin65, il faudrait repenser le parcours M1 et M2 pour que les étudiants aient une bonne formation à la recherche et que cela permette un recrutement de qualité des futurs enseignants. Je rappelle que gouverner c’est prévoir, non à court terme, mais à long terme !

Enfin, l’APHG renouvelle cette année en partie son Conseil de gestion et son Comité national, puisque des élections sont en train d’avoir lieu au moment où je rédige cet éditorial. Je tiens à ouvrir largement les instances de l’association à des collègues jeunes, en poste devant les élèves ou les étudiants, sans pour cela se séparer des savoirs et des conseils des plus âgés qui, jusque dans un passé récent, ont œuvré au fonctionnement et à la réussite de l’APHG. Pour cela je les en remercie et je les encourage à continuer à nous soutenir. Bruno BENOIT président de l’APHG