Pour une préparation sereine du DNB – Motion de l’atelier collège de l’APHG

Le 9 mars 2026

Pour une préparation sereine du DNB.
Motion de l’atelier Collège de l’APHG.

La note de service du 2 septembre 2025, parue au BOEN n°33 du 4 septembre de la même année, a établi les nouvelles modalités du diplôme national du brevet (DNB) à compter de la session 2026. Celles-ci introduisent quant à l’épreuve d’Histoire-Géographie et d’Enseignement Moral et Civique un certain nombre de changements : notes séparées pour les deux domaines évalués, allongement, d’une vingtaine à une trentaine de lignes, de la production attendue dans l’exercice du développement construit, possibilité d’une réponse « davantage construite et développée » dans l’analyse de documents…

Si l’atelier collège de l’APHG salue les évolutions qui permettent de valoriser les exigences en matière d’expression écrite, il s’inquiète néanmoins de manière plus globale des conditions dans lesquelles les professeurs d’Histoire-Géographie et d’EMC sont placés pour préparer au mieux leurs élèves à ces nouvelles modalités.
Les multiples retours de terrain liés à ces dernières mettent en effet en évidence de grandes disparités entre académies, voire entre établissements, en termes de diffusion de l’information ou de mise en œuvre de certaines pratiques. Ainsi, quand des collègues font état de demandes institutionnelles relatives à la définition de programmations communes ou à l’uniformisation des pratiques évaluatives durant l’année de 3ème, notamment exprimées lors de réunions ad hoc, d’autres déclarent ne pas avoir eu connaissance de semblables dispositions ou de pareilles rencontres. De telles attentes peuvent d’abord susciter de légitimes inquiétudes quant à la préservation de la liberté pédagogique de chaque enseignant. Celle-ci doit bien évidemment s’intégrer dans un cadre commun mais les disparités signalées semblent le mettre à mal, tout en approfondissant les interrogations, déjà anciennes, quant au caractère véritablement national du diplôme préparé. De ce fait, c’est aussi l’équité entre candidats qui peut être questionnée. Comment garantir ces dispositions fondamentales lorsque les attentes institutionnelles s’expriment de manière aussi contrastées d’un territoire à l’autre ?

Les enseignants de collège souhaitent donc que les dispositions annoncées par les textes officiels de septembre 2025 soient adossées à des directives claires, qui établiront une harmonisation des attendus et de leur communication, sans prendre pour autant les contours d’un désagréable formatage. Ce travail de mise en cohérence des textes officiels avec la réalité de l’épreuve pourrait d’abord prendre la publication d’un « sujet zéro ». Pratique traditionnelle, pour ne pas dire systématique, lors de la mise en œuvre de réformes d’examens ou concours, celle-ci semble, en l’espèce, à ce jour refusée aux enseignants de collège. Un tel document enverrait pourtant le signal d’une clarification attendue. Son absence renforce à l’inverse les interrogations voire les mécontentements : des dispositions d’esprit bien peu compatibles avec la préparation sereine des collégiens à leur premier examen d’ampleur nationale.

Cette indispensable mise en cohérence est d’autant plus espérée dans les établissements que certaines des dispositions des nouvelles épreuves alimentent cette attente. Ainsi, alors qu’une importance bienvenue semble accordée à la maîtrise de l’expression écrite, étayant par ailleurs le travail mené par nos collègues de lettres, la possibilité d’introduire des exercices sous forme de QCM en EMC ne laisse pas de surprendre. De même, de nombreux collègues souhaitent que, dans les exercices sur documents, la capacité à « comprendre » ne donne pas un poids excessif à la simple, et parfois répétitive, sélection d’informations. Comme l’ensemble de l’épreuve, le travail sur documents doit être l’occasion de vérifier solidement les acquis des collégiens quant à la mise en œuvre d’un esprit critique dont l’importance est par ailleurs légitimement soulignée par les textes officiels. Le travail déterminé et patient mené par les enseignants au long des quatre années du collège s’en trouverait ainsi reconnu, valorisé, mis en cohérence avec une épreuve passée à l’orée de l’entrée de leurs élèves au lycée. À ce moment charnière de la scolarité, un examen adapté à son public mais aussi exigeant, dans sa forme et son contenu, aurait l’avantage de présenter une passerelle valorisée entre les deux degrés de l’enseignement secondaire, de saluer les premières manifestations d’une pensée structurée et critique sur laquelle les enseignants font, tout au long des quatre années de collège, porter tant d’efforts.

De telles attentes doivent également transparaître dans les consignes de correction : à l’heure de la mise en œuvre de cette épreuve du DNB en partie repensée, elles ne doivent plus autoriser à se satisfaire de réponses indigentes, tant dans le fond que dans la forme. De plus, candidats et correcteurs doivent pouvoir systématiquement s’appuyer sur un barème détaillé qui, traduisant avec cohérence les attendus de l’épreuve, sera clairement établi dès le déroulement de l’épreuve. On notera par ailleurs que ce travail de correction souligne lui aussi certaines des disparités territoriales déjà signalées. Il en va ainsi des très problématiques contrastes observés quant à la prise en compte des copies des élèves à besoins éducatifs particuliers (EBEP) lors des sessions précédentes. Tandis que dans certains centres, des consignes très claires étaient indiquées aux correctrices et correcteurs quant à l’identification de ces copies et aux pratiques évaluatives idoines, d’autres collègues ne disposaient pas de telles informations, au préjudice, là encore, de l’équité entre candidats.

Une nouvelle fois, bien des doutes accompagnent donc les enseignants à l’heure de la mise en œuvre de cette nouvelle épreuve du DNB. Exprimant les attentes remontées de nombreuses académies de métropole et d’outre-mer, l’atelier collège de l’APHG exprime son inquiétude quant à leurs multiples manifestations et sa détermination à les voir très rapidement levées.

L’atelier collège de l’APHG