Les Hospitaliers et la mer. XIVe-XVIIIe siècles
Compte-rendu de la rédaction
Le 3 avril 2016
Anne Brognini, Les Hospitaliers et la mer. XIVe-XVIIIe siècles, Lemme, 2015, 108 pages.
- Illustrations : cahier illustré de 16 pages glacées, photos de Rhodes, Malte, carte des étapes de l’errance de l’Ordre, plan de La Valette, la Méditerranée aux XVIe et XVIIe siècles.
- Index : Les grands-maîtres de l’Ordre de Rhodes et ceux de Malte. Sources et Biographie.
- Prix : 17 euros 90.
Vers 1070, des marchands amalfitains commercent avec le Levant et obtiennent du calife d’Egypte de construire, dans la ville sainte un hôpital qui, vu l’afflux de pèlerins, va se transformer en un ordre religieux sous la protection du pape. Ce sera l’ordre de l’Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, en 1113, doté de biens financiers : les commanderies.
Au début du XIVe siècle, l’Ordre jouit d’une importante assise territoriale en Europe catholique. Dans tous les espaces où ils deviennent maîtres, les ordres militaires contribuent au dynamisme des lieux. Chassés de Jérusalem par les victoires de Saladin, les Hospitaliers s’installent à Chypre, puis s’établissent à Rhodes, ce qui fonde leur destin d’ordre maritime, poursuivant la lutte contre les Turcs. En 1396, ils participent à la croisade contre les Ottomans et remportent une éclatante victoire à Nicopolis.
Dès le XVe siècle, les Hospitaliers se spécialisent dans la pratique d’une guerre de « course », différente de la piraterie. Mais l’empire ottoman possède une armée qui progresse après la conquête de Constantinople, et, quand en 1520, Soliman accède au pouvoir, la Méditerranée est placée sous son autorité. L’Ordre quitte Rhodes et est dépouillé de son rôle traditionnel de guerriers de la foi. Charles Quint lui propose de devenir suzerain de l’archipel de Malte. Les musulmans, ottomans compris, ne peuvent guère rivaliser avec les portugais et les espagnols qui ont pénétré en Afrique de nord. Les mondes byzantins et musulmans s’opposent alors à l’empire espagnol, et est scellée une alliance entre les deux rives de la Méditerranée. L’archipel de Malte revêt une importance stratégique nouvelle qui explique sa donation en fief aux Hospitaliers et sa transformation en centre de guerre et de courses chrétiennes. De ce fait, leurs forces navales ne cessent de croître en s’adaptant aux techniques récentes de navigation. En 1551, ils sont chassés d’Afrique. Ils résisteront à l’armée musulmane qui attaque Malte, et même s’ils paient un lourd tribut, ils feront de leur île, l’incarnation du rempart chrétien qui deviendra un des plus importants centres corsaires chrétiens de la Méditerranée.
Une nouvelle ligue liant le Saint Siège, Venise et l’Espagne est conclue le 20 mai 1571. Le choc, avec la flotte musulmane, tourne à l’avantage des chrétiens, dans le golfe de Lépante. Mais la flotte turque se reconstitue et à leur tour, les chrétiens subissent une défaite.
Vassaux du roi d’Espagne, ils développent une activité d’espionnage, une police de prévention contre le risque corsaire, surtout au XVIIe siècle.La course maltaise représente un essor économique, un bénéfice incontestable, améliorant les conditions d’existence. La Valette est devenue une référence urbaine et religieuse et celle de la Sacrée infirmerie. C’est l’ultime halte chrétienne du Ponant, le symbole du passage vers l’Orient qui relie les Hospitaliers aux lieux saints.
Le prestige des Hospitaliers n’a cessé de croître durant un demi-siècle de batailles navales en Méditerranée. Des photos, cartes, tableaux appuient le texte qui regorge de détails et d’explications annexes, d’évènements historiques se déroulant à la même époque venant se rajouter à l’enchaînement des faits , qui rendent le sujet fouillé, mais qui font quelquefois perdre le fil de l’histoire au lecteur. C’est la raison pour laquelle, il serait plutôt destiné aux spécialistes de l’époque concernée.
© Marie-Antoinette Pastor pour les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes, 30/03/2016. Tous droits réservés.