Les gestes des mineurs et sidérurgistes maghrébins dans les représentations filmiques industrielles de 1930 à 1962
La fabrication de l’acier, depuis le développement économique de la fin du XIXe siècle, est le signe fort au niveau mondial, de l’industrialisation d’un État. Dans des territoires coloniaux, cette édification représente un facteur de développement vers une forme d’autonomie. Ce secteur est déterminant pour comprendre les enjeux de décolonisation de l’Afrique du Nord.
Pour cette raison, cet article a pour objectif de questionner la manière dont les gestes du mineur et du sidérurgiste au travail – essentiellement algérien – sont filmés.
De nombreuses études portant sur le cinéma colonial de fiction ont montré que jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, le Maghreb sert surtout de décor à une histoire plus ou moins dramatique ou romanesque pour assurer la mission civilisatrice de la France. Après 1945, les réalisateurs composent avec la décolonisation au gré des diverses mesures de censure mises en place, alors que la recherche d’une forme de dépaysement pour le public reste prégnante. Les gestes des travailleurs y sont peu présents. Il n’y a quasiment pas de cinéma maghrébin, même amateur 1.
Qu’en est-il des réalisations dont le caractère est plus documentariste ? Il semblerait que la majorité des films de non-fiction visionnés correspondent à une commande. Pourtant, deux orientations les distinguent. D’une part, de 1930 à 1955, certains gestes travaillés sont insérés dans une œuvre qui soutient l’entreprise coloniale, soit par la mise en avant d’une empreinte exotique, soit par l’accent porté sur la modernité des entreprises. D’autre part, de 1958 à 1962, les gestes des ouvriers sont au service d’un discours sécurisant à visée commerciale.Des films industriels tournés au Maghreb majoritairement commandités par la métropole
En replaçant la production de films industriels à propos du Maghreb dans le contexte de la production cinématographique française globale, puis de celle des gestes métropolitains dans ces industries spécifiques, il apparaît que le phénomène est de faible ampleur et particulièrement tardif, contradictoire avec la richesse du sous-sol nord-africain. D’après François Chevaldonné, jusqu’au début des années 1930, bien qu’un service photographique et cinématographique destiné à valoriser les entreprises coloniales soit créé, il ne représente qu’une part infime des productions mettant en scène le paysage algérien par exemple. Autrement dit, cela concerne en moyenne 5 à 6 films par an, dont la durée, très courte, varie entre 3,5 et 12 minutes, alors que la production totale française de courts métrages s’élève à plusieurs centaines de films sur la même période 2. Il faut attendre les expéditions destinées à alimenter les expositions coloniales internationales de 1925, 1927 et particulièrement celle qui s’est tenue à Vincennes du 6 mai au 15 novembre 1931, pour que des commandes soit faites pour des films de prestige auprès de réalisateurs de renom tels que Léon Poirier.
Pourtant, dans les années 1930 et surtout après la Deuxième Guerre mondiale, l’Algérie et plus globalement le Maghreb suscite davantage d’intérêt. Cela représente environ 20 films par an d’une durée moyenne de 20 minutes ; autrement dit la production est multipliée par quatre comparativement aux années 1920. Il faut sans doute lier cela à l’insertion plus importante des populations locales dans l’économie et aux divers mouvements contestataires qui alimentent quelque peu les actualités 3.
Pour autant, le faible nombre de films réalisés ne tient pas seulement aux spécificités de ces territoires et de leurs relations avec la métropole mais relève également de la particularité de ces sujets industriels. En France métropolitaine, les images animées montrant les gestes des travailleurs des mines et des usines sidérurgiques sont également peu nombreuses 4.
En 1953, alors qu’en France une prime à la qualité, afin que les courts métrages soient davantage reconnus, diffusés et même récompensés lors de festivals 1, est instaurée, les aides consenties aux producteurs de la part de l’Office administratif de l’Algérie 2 s’amenuisent, réduisant ainsi les financements de la production des courts métrages. Ce phénomène s’amplifie lorsque le Service cinématographique de l’armée prend en charge la production algérienne à partir de 1954. C’est sans doute ce qui explique le peu de films recensés dans notre corpus entre 1953 et 1958 3. La production augmente à nouveau partir de 1958 ; le « Plan de développement économique et social en Algérie » (1958-1961), plus communément appelé « Plan de Constantine5 », semble avoir contribué au regain d’intérêt filmique à propos de ce territoire français et de la thématique industrielle. Pourtant, il semblerait que les difficultés liées au contexte politique (couvre-feu, attentats, surveillance des lieux de rassemblements), fasse chuter la fréquentation des lieux de projection.
Cette faible production filmique globale se confirme lors du dépouillement des catalogues de diverses institutions d’archivage audiovisuel, telles que le Centre national de la cinématographie, Gaumont Pathé archives, l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD) ou encore la Bibliothèque nationale de France, puisque seulement 16 films industriels montrent des gestes de mineurs ou de sidérurgistes maghrébins au travail. Parmi eux, 12 sont tournés après la Deuxième Guerre mondiale, dont 10 de 1958 à 1962. Ajoutons tout de même que ces chiffres sont à relativiser parce que la crise sanitaire actuelle n’a pas permis la consultation des fonds filmiques des Archives nationales d’Outre-mer sises à Aix-en-Provence. Pour autant, une consultation de leurs catalogues permet de cibler 7 autres films sur la thématique industrielle, dont deux portent sur la Plan de Constantine. Reste à les visionner pour analyser le contenu global et isoler les gestes travaillés éventuels. Pour cette raison, cet échantillon n’est pas encore intégré à cette étude. Le corpus de 16 films ainsi établi laisse apparaître une majorité d’images issues des fonds militaires, pour beaucoup composés de rushes (8 films) et datant de 1955 à 1962. Ceux qualifiés de documentaires par les instances d’archivage sont au nombre de 5 et sont produits de 1930 à 1960. Les films d’actualités de 1939 à 1961 complètent l’ensemble et offrent les montages les plus courts (3 films). Les sujets ainsi mis en images sont essentiellement algériens (13 films), alors que le Maroc et la Tunisie ne sont représentés que dans trois films.Autrement dit, ces films ou rushes sont majoritairement nés dans le cadre d’une commande, d’entreprises privées telles que Pathé et Gaumont (5 films) pour alimenter les revues documentaires, les actualités de leurs journaux4 ou du Service cinématographique de l’armée surtout à partir de l’extension du conflit franco-algérien (8 films). Ce sont des films dits « d’influence » selon Habib Belaïd, destinés, entre autres, à effacer la faiblesse de la France après la défaite de 1940 6.
Par ailleurs, les moyens de diffusion sur place s’intensifient également à partir de 1943, sous l’action de la « caravane cinématographique », nommée à partir de 1952 « ciné-bus » ou « camion-cinéma », et encadrés par l’armée française et les enseignants 7. Si le cinéma ambulant circule aussi bien en zones rurales qu’urbaines, auprès des Européens et des Maghrébins, dans les années 1950, le nombre de salles fixes de cinéma et de ciné-clubs augmente pourtant encore, comme le mentionne Morgan Carriou à propos de la Tunisie.
Trois documentaires 5 seulement obtiennent un visa d’exploitation. Il convient de penser que seuls ces trois courts métrages ont fait l’objet d’une diffusion payante dans une salle de cinéma. Du Manuel au robot, réalisé en 1951, est diffusé à Paris en première partie de programme, sous un autre titre – Trois usines – en 1953, et ensuite sous le titre Du Manuel au robot chaque année de 1954 à 1957 par la société Lux. Colomb-Béchar, Porte du ciel (film militaire), réalisé en 1955, est projeté en première partie à Paris et à Alger tous les ans de 1956 à 1964 par le Comptoir général cinématographique 8. Le film Bilan d’un jour, réalisé en 1960, est diffusé en 1961 ; sans plus de détails donnés dans l’Index de la Cinématographie française.
Les images animées produites et diffusées en Algérie le sont sous le regard conjoint du Gouvernement général d’Algérie 6, de l’Agence de la France d’Outre-mer7 et enfin du Service de diffusion cinématographique algérien. Au Maroc et en Tunisie, les pouvoirs publics (Résidences générales) sont les commanditaires auprès notamment du Pathé-Journal et de France Actualités (Gaumont)9. Ces commandes sont, dans un premier temps, destinées à soutenir l’entreprise coloniale au travers les prismes de l’exotisme et de la modernité.
Les gestes travaillés coloniaux au service de l’exotisme et de la modernité (1930-1955)
Dans la chaîne opératoire d’extraction minière et de fabrication de l’acier, cinq étapes majeures sont nécessaires : l’approvisionnement des matières premières (mines), la préparation (agglomération, cokerie), l’élaboration (haut-fourneau, cubilot), l’épuration (aciérie) et le formage (laminoir, forgeage, ateliers de moulage). Dans notre échantillon, de 1930 à 1955, c’est l’approvisionnement en matières premières qui domine les autres secteurs. Autrement dit, sur cette période, les courts métrages présentent essentiellement le travail des mineurs ; les sidérurgistes étant très peu filmés (1 seul film sur 6). En comparant avec la métropole sur la même période les résultats sont identiques ; les mineurs sont 2,3 fois plus présents à l’image.Avant la Deuxième Guerre mondiale, les films sur les mines sont relativement complexes à tourner parce que la dangerosité limite fortement les autorisations accordées par les diverses sociétés industrielles. En métropole, à partir de 1946, les progrès sécuritaires dans l’utilisation du matériel cinématographique et la nationalisation des bassins houillers placée sous l’égide de Charbonnages de France, ont pour conséquence une plus grande production filmique. En revanche, au Maghreb, les raisons divergent. C’est surtout l’exploitation des richesses du sous-sol nord-africain qui intéresse les entrepreneurs français et peu de construire des usines de transformation, déjà présentes sur le sol métropolitain10.
De 1930 à 1955, les métiers miniers les plus évoqués sont celui de l’abatteur, du chargeur-rouleur et du trieur ; autrement dit ceux qui sont directement liés à la matière extraite et somme toute les plus spectaculaires, sublimant l’aspect physique des ouvriers. Certains de ces courts métrages présentent une forme filmique exotique destinée à servir un discours colonial ancré, tout en mentionnant l’apport de la métropole dans la modernité des équipements. Quelques exemples enrichissent ce constat.Mines de manganèse de Bou-Arfa8 illustre l’exploitation de ce minerai à Bou-Arfa au Maroc en 1930. Matière première majeure dans la fabrication de l’acier puisqu’elle permet de le rendre plus dur et de lui conférer des qualités spécifiques ; le manganèse devient une denrée recherchée dans cette première moitié de XXe siècle. Le site, situé au pied du Djebel de Bou-Arfa, n’est pas choisi au hasard ; il est un des plus riches au monde : « dense, rocheux, contenant très peu de silice, presque pas d’humidité, pas d’arsenic, et pratiquement pas de soufre ni de phosphore11. » Le Ministère des travaux publics français, dans le cadre du protectorat, en passant un accord avec la Société des mines de Bou-Arfa en juillet 1925, obtient un tiers des productions du site et s’assure ainsi l’approvisionnement de ses usines en France.
Les images filmées montrent d’ailleurs essentiellement l’extraction opérée par des abatteurs au travail. Munis de leur marteau-pneumatique, ils perforent à ciel ouvert le sol pour en extraire le minerai, que certains mineurs concassent au pic, avant qu’il ne soit trié par des marocaines assises à même le sol. Les gestes impressionnés sur pellicule correspondent à la pratique rencontrée sur d’autres sites miniers à ciel ouvert d’autres parties du monde. Le corps de l’abatteur est semi-fléchi en appui sur une jambe placée plus haut sur une pente. Il maintient l’outil en appuyant son ventre sur le manche du marteau-pneumatique, relié à cette extrémité par un câble à un générateur d’air comprimé. Cet outil se termine par une pointe d’acier qui pénètre les fentes du minerai et, comme un coin, en détache les divers blocs. Cette posture permet à un homme seul de manier un outil pouvant peser jusqu’à 10 kg et d’exercer une pression de 20 à 30 kg 12, dont pourtant les tressautements sont difficiles à canaliser. À cette pénibilité s’ajoute également le bruit de ces machines puissantes.
Les chargeurs, placés à proximité, ont pour tâche de concasser des blocs de taille importante et, à la pelle, de charger les wagons encore nommées berlines. Pour finir, le triage, comme dans n’importe quelle mine du monde est effectué par des femmes ; parfois dans d’autres films ce sont des enfants qui co-accomplissent ce travail. Équipées de petits marteaux, elles concassent les blocs en éléments de taille réduite et enlèvent les scories ou impuretés présentes. Sous la surveillance d’un homme, elles vident leurs paniers pleins dans un wagon. Les hommes comme les femmes ne sont pas équipés de bleus de travail comme c’est le cas en France mais de leurs vêtements à usage quotidien et sont même pieds-nus. La sécurité ne semble pas la priorité. Par le biais de ces images de gestes travaillés, il s’agit ici pour le commanditaire de mettre en exergue la valeur ajoutée du site de Bou-Arfa : grâce à un outillage moderne, il suffit presque de se baisser pour ramasser cette richesse. Ajouté au fait que les conditions de filmage sont facilitées, c’est sans doute pour cette raison que seule l’extraction à l’extérieur est filmée alors qu’elle existe également sous terre. En revanche, la question du transport n’est pas évoquée, justement parce que c’est encore une difficulté majeure en 1930. Ce court métrage réalisé pour Pathé Revue, est destiné à informer le public aussi bien sur l’économie que sur la géographie d’un tel territoire aux liens si particuliers avec la France. C’est pourquoi, le montage est assez classique et situe en introduction non seulement la localisation mais aussi les paysages environnants le site minier. La dernière minute propose des images de danses traditionnelles présentées dans le carton d’intertitres comme étant une occupation de loisirs : « quand leur tâche est achevée, les rudes ouvriers se livrent à leurs danses favorites. » Elles permettent aux spectateurs de France, ayant peu voyagé, de s’évader. Cette présentation, teintée d’exotisme, est identique aux autres films coloniaux de cette époque. Le contexte spécifique des premières années de la Deuxième Guerre mondiale, est utilisé par le biais du filmage des travailleurs pour renforcer le discours colonialiste d’une France présente sous toutes les latitudes et dont il faut restaurer une image de puissance après la défaite de 1940 :Et nous voyons dans les graves circonstances actuelles, ces contrées devenues florissantes, grâce à la patience, à l’effort et au génie français, approvisionner la métropole en matières premières et en produits du sol et participer au ravitaillement des armées et de la population française 13.
Tel est le commentaire qui accompagne les images de divers territoires français hors de métropole issues du film d’actualité La France, Pays de Cent millions d’habitants, diffusé le 4 octobre 1939 par le journal Pathé. Huit secondes sont consacrées aux mines de phosphates, sans doute situées dans le bassin de Gafsa en Tunisie et dans le Constantinois algérien, pour lesquelles une production d’un million de tonnes de ce minerai est annoncée. Les deux plans montrent un chantier d’abattage et de roulage au fonds. Alors que l’abatteur actionne un marteau-pneumatique dans une position conforme au poste de travail, des chargeurs remplissent à la pelle des wagonnets roulant sur des voies de chemin de fer. Ces huit secondes ne servent ici qu’à illustrer un exemple, parmi beaucoup d’autres, des richesses françaises en réaffirmant, comme à la fin du XIXe siècle, la mission civilisatrice de la France : « Nous savons cependant que la France n’a pas constitué cet immense empire par intérêt ou par une orgueilleuse passion de la propriété territoriale ; son but initial fut toujours d’instruire, de protéger, de secourir. […] Les entreprises hardies des ingénieurs ont apporté à ces pays tous les avantages du progrès14 . » Le court métrage s’achève sur les contingents militaires venus volontairement des colonies au secours de la métropole comme c’était déjà le cas lors du premier conflit mondial.
Le reportage intitulé Kenadsa, Houillère du désert 15 , de 1940, vante les apports de la colonie à la métropole comme en remerciement à la construction des infrastructures agricoles, industrielles et urbaines qu’elle y a financé. Effectivement sur 10 minutes et 35 secondes de court métrage, environ 8 minutes sont consacrées aux bienfaits apportés par la métropole à cette région totalement désertique. Le reste du film, quoique court, est intéressant parce qu’il montre des images du site d’abattage au fonds. La veine de charbon est tellement mince que les mineurs sont couchés pour réaliser les travaux de boisage nécessaires au maintien du toit et d’abattage au marteau-pneumatique.
Bien que ce ne soit jamais évoqué dans le court-métrage, il est évident que si la métropole a construit un tel ensemble en plein désert c’est bien sûr pour en tirer des profits et développer l’armement grâce à l’exploitation minière. Effectivement, si la production de charbon est annoncée dans le film en 1940 à 100 000 tonnes par an, elle atteint 20 000 tonnes par mois en 1946 9 ! Si ce court métrage est commandité en 1940 c’est aussi parce que justement débutent les travaux de la construction d’une nouvelle cité ouvrière à destination des mineurs maghrébins. Les ouvriers sont plus de 5 000 ; qui se répartissent entre 86 % de Nord-africains (700 Kabyles 300 Marocains) et 700 Européens cadres de l’exploitation et personnel de jour. Ces derniers sont déjà logés dans une cité spécifique. Pour lancer ce projet, le Gouverneur général M. Georges Le Beau visite le site et la ville voisine en pleine expansion de Colomb-Béchar le 9 avril 1940 10. Dans L’Écho d’Alger du 13 avril, l’agha honoraire 16 Si Laaredj si Abderrahman, cheik de la zaouïa (édifice religieux), l’accueillit en des termes similaires au discours filmique :
Monsieur le Gouverneur général, Soyez le bienvenu ! La visite de Votre Excellence nous honore. Elle est la manifestation la plus éloquente de l’amour que porte la glorieuse France à ses fils sahariens. En ces circonstances, votre présence parmi nous prend une valeur toute particulière. Nous traversons, certes, une dure épreuve ; mais Dieu nous accordera le succès : nous terrasserons l’ennemi de l’humanité et de la civilisation ; la justice, la liberté des peuples auront raison de la barbarie.Je ne terminerai pas sans renouveler au représentant du gouvernement l’expression de notre fidèle attachement à la mère généreuse et sans lui souhaiter un heureux voyage
17.Ce film illustre parfaitement, par anticipation, les solutions que propose la France à la crise que connaît l’Algérie, conséquence de la grande dépression de 1929 dont elle ne s’est pas rétablie, en particulier dans le secteur minier. C’est pourquoi, en dehors de la mise en place d’une réforme agraire, le Gouvernement de Vichy propose en juillet 1941 un plan d’industrialisation de l’Algérie afin de rétablir des relations extérieures et favoriser celles avec la métropole et les régions industrielles du Nord et de l’Est sous occupation allemande, qui lui fournissent outils et matériaux nécessaires. Ce plan aboutit à quelques créations industrielles dans le domaine de la transformation des métaux ; d’autres sont retardées du fait de la fin de la guerre 18.
Le thème de la modernité pour ce site industriel de kenadsa se poursuit avec Colomb-Béchar, Porte du ciel 19, en 1955 mais sous un angle différent. Après une vue générale aérienne des installations, le réalisateur et son équipe sont accueillis par des militaires. Les images présentent la ville et sa palmeraie, les marchés aux animaux, aux fruits et légumes, l’école, en évoquant le développement exponentiel du nombre d’habitants grâce à des gisements de charbon prospères. Les cinquante secondes suivantes, sur une durée totale de 18 minutes et 31 secondes, montrent une vue extérieure de l’entrée de la mine avec l’évacuation du charbon par câbles aériens. Aucun travailleur n’apparaît. Les dix dernières minutes se focalisent sur le véritable sujet du court métrage, à savoir le Centre interarmées d’essais d’engins spéciaux (CIEES) installé à partir de 1947. Autrement dit, l’équipement se compose d’un important matériel de télécommande et d’observation par radar qui permet de diriger et de contrôler les évolutions de fusées. Dans ce contexte de début de décolonisation, le Service cinématographique des armées commande ce film et évoque le désert non plus comme une manne vivrière en ressources naturelles pour la métropole mais comme un terrain d’entraînement au lancement de fusées. Il faut dire que des mouvements de contestations voient le jour dès 1951, comme le titre le journal Le Libertaire le 27 avril 1951 :
L’enfer colonial. Les mineurs des houillères du Sud-Oranais, à Kenadsa et Béchar-Djedid, sont en grève illimitée. Le mouvement est suivi à 90% par le personnel, soit environ 4.000 travailleurs, qui réclament notamment l’augmentation des salaires et le respect des droits syndicaux 20.
À partir de 1954, l’exploitation minière de Kenadsa devient déficitaire 21.
Un seul film sur cette période permet d’avoir un aperçu de la manière dont la sidérurgie est mise en scène dans le cinéma documentaire, il s’agit de Du manuel au robot11, probablement réalisé en 1951 et sorti en 1953, qui évoque l’industrialisation, dans le cadre de la Reconstruction de l’Algérie française, à travers trois industries près d’Alger et Oran : une fonderie, une faïencerie et une verrerie. Dès 1947, un nouveau plan d’industrialisation est mis en œuvre ; il repose une exonération fiscale, qui permet en 1955 à 180 entreprises d’être agréées et aux productions des entreprises de transformations d’augmenter. À partir du troisième trimestre de 1953, la reprise des activités est favorable aussi bien pour l’Algérie que pour la métropole 22.
Le discours filmique Du manuel au robot est construit sur le même modèle que les précédents ; l’attractivité exotique laisse seulement place à celle du tourisme. Le commentaire ajoute une problématique qui permet de comprendre que, comme en métropole, les enjeux de la Reconstruction se situent bien dans le secteur industriel de la transformation des métaux. L’usine filmée est celle correspondant aux Établissements Auguste Blachère et fils créées en 1887-1889 à Hussein Dey, idéalement située à proximité du port d’Alger. Elle fabrique des fontes douces et aciérées d’une grande résistance pour des moulages mécaniques entre autres vinicoles, ainsi que des bronzes. Trois étapes majeures de la fabrication de l’acier sont présentes : l’élaboration, l’épuration et le formage. Dans la plupart des courts métrages sur ce sujet, ces phases sont majoritairement filmées parce que les flammes, les étincelles, le métal en fusion qui coule et la dangerosité du travail offrent un véritable spectacle visuel. Deux aides fondeurs, en chemise manches relevées ou vêtu d’une superposition d’habits usés pour le plus exposé, pantalons protégés par un tablier de cuir, coiffés d’un calot pour l’un et d’un chapeau à visière pour l’autre, mains nues, vident dans le cubilot les caisses de ferrailles récupérées, afin de les faire fondre et de les mélanger au coke pour obtenir de la fonte. Un autre manœuvre, aussi peu protégé que les précédents, remue la matière et enlève les impuretés se formant en surface. Le fondeur, muni de verres de protection, surveille l’élaboration, donne le signal et, à l’aide d’un ringard, perce le bouchon de coulée. Ce travail reste manuel, contrairement à celui des hauts-fourneaux de métropole qui utilisent dans les années 1950 une perforatrice pneumatique. Les trois premiers ouvriers semblent être des maghrébins ; il est plus difficile de se prononcer pour le maître fondeur. La poche pleine de fonte est ensuite vidée dans le convertisseur afin d’obtenir de l’acier. Dans le convertisseur, le principe de fabrication repose sur la traversée de la fonte liquide par un courant d’air puissant afin de brûler les éléments oxydables à éliminer. Le convertisseur est composé d’une cuve en forme de cornue, aisément reconnaissance à l’image. Son intérieur est recouvert de briques de dolomie destinées à conserver la chaleur et à sa base se trouvent les orifices de soufflage. Il est cinématographiquement parlant difficile de rendre compte d’une transformation opérée dans un appareil quasiment clos tel qu’un convertisseur. Pourtant, les films y parviennent parce que les étapes de la conversion sont en partie visibles. Quand le convertisseur est à l’horizontal cela signifie que le soufflage débute l’opération de conversion. Le convertisseur est alors relevé. Le silicium en brûlant donne une flamme bleue (2 minutes), puis elle s’allonge, s’intensifie et projette des étincelles. C’est alors le carbone qui se consume (10 minutes). Le film ne montre que cette étape. Quand la cornue descend, c’est que l’opération est terminée. L’homme qui est aux commandes, en retrait, est un ouvrier européen, vêtu d’une chemise manches relevées, d’un pantalon de bleu, d’un béret et surtout de verres colorés qui lui permettent d’apprécier les diverses phases de la conversion tout en protégeant ses yeux. Un plan élargi fait entrer dans le champ un autre ouvrier aux commandes. Un manœuvre ajoute ensuite une dose de ferro-alliages, comme du manganèse par exemple, qui donne à l’acier le niveau de dureté souhaité. Très proche de la gueule du convertisseur, cet homme du pays bénéficie simplement d’un tablier plus long et d’un béret comme protection. Le pontier, en hauteur dans sa cage, commande d’abord le maintien puis, le soulèvement et le déplacement de la poche d’acier. Il est aidé dans sa tâche par deux manœuvres qui maintiennent et accompagnent la poche au sol. Durant la coulée, le manœuvre, à l’aide d’une tige, guide la poche pour être toujours placée sous l’écoulement ; un autre ajoute des composants. La poche est enfin vidée dans des moules ; c’est le moulage. Aucun homme n’est dans le champ de la caméra.Dans L’Écho d’Alger du 27 août 1941, un journaliste écrit à propos de la visite par le Gouverneur général d’Algérie, le Général Weygand, aux établissements Blachère lors de la mise en place du plan d’industrialisation : « le Général Weygand s’entretient assez longuement avec le contremaître Ferrero. Il s’intéresse à la question technique, il s’intéresse surtout d’apprendre que des ouvriers musulmans et français vivent sous son autorité dans la douce fraternité du travail. »23 Il oublie de mentionner, ce qui est visible dans le film, à savoir que les emplois les plus valorisants et les mieux payés dans la hiérarchie sont occupés par des occidentaux alors que les ouvriers locaux sont surtout des manœuvres plus exposés encore aux dangers, parce qu’ils sont moins équipés que les ouvriers de métropole.
De 1930 à 1955, l’exotisme révélé dans les films s’estompe au fil du temps pour laisser place à une revendication de la modernité de plus en plus affirmée et destinée à assurer de nouvelles modalités d’échanges commerciaux entre la métropole et ses colonies.Des gestes travaillés au service d’un discours sécurisant à visée commerciale (1958-1962)
Sur les 10 films produits durant cette période, la grande majorité des images illustrent encore le travail minier et l’approvisionnement en matières premières (7 films). Pourtant, la transformation des métaux et l’industrie sont plus présentes (3 films) ; cela pourrait indiquer une tendance plus générale déjà pressentie durant les années 1950, à savoir une industrialisation voulue du Maghreb jusqu’en 1956 et surtout de l’Algérie à partir de 1958. Les gestes des travailleurs sont dans ce cadre utilisés pour assoir un discours sécurisant d’une part et de préparation de l’après décolonisation avec une nette visée commerciale d’autre part. Deux assemblages filmiques militaires abordent la sécurisation du territoire. En mars 1956, après divers heurts, le Maroc et la Tunisie accèdent à l’indépendance alors que l’Algérie lutte de 1954 à 1962.Le premier ensemble de prises de vues s’intitule Les Mines de fer de Ouenza 24 de 1960 et l’autre Les Mines d’Aïn-Barbar de 1962. Ouenza, en Algérie, se situe au sud de Bône et à proximité de la frontière tunisienne. Un barrage électrifié, sert d’enceinte de protection ; le résumé écrit d’origine, qui accompagne les rushes, utilise un vocabulaire propre à celui de l’armée française en état de guerre civile, puisqu’il précise que ce site est « protégé des intrusions rebelles par le redoutable barrage électrifié ». Des barrages militaires de ce type sont construit à partir de 1958 sur les frontières de l’Ouest et de l’Est. Autrement dit, rien ne peut entraver l’exploitation du minerai de fer, pour laquelle les ouvriers au travail sont protégés d’ailleurs par des sentinelles – environ 20 à Ouenza ; il s’agit sans doute de rassurer les actionnaires français et leurs partenaires économiques tels que l’Angleterre et l’Allemagne. Le résumé souligne à ce sujet : « Faut-il dire que ces équipes manient plusieurs tonnes d’explosifs par jour et qu’un raid rebelle est toujours à craindre. » De fait, les images présentent les mains des mineurs qui utilisent des explosifs.
L’ensemble de rushes qui composent Les Mines d’Aïn-Barbar 12 ne montre aucun soldat gardant le site minier qui exploite pour la société française Peñarroya cuivre, zinc, plomb et argent. Les plans illustrent l’extraction en sous-sol par explosifs ; les mineurs travaillent. Seul le résumé écrit qui l’accompagne précise que : « Bien que situé dans une région en cours de pacification et encore dangereuse, la mine qui a connu des arrêts périodiques durant ces dernières années, retrouve actuellement un certain essor. » Là encore, ce texte est destiné à rassurer les actionnaires français et leurs partenaires économiques. Effectivement, en 1960 le village d’Aïn-Barbar est dit « village de regroupement » des populations afin de faciliter la sécurisation du territoire, car il est situé en « zone interdite », c’est-à-dire en zone difficile d’accès pour l’armée française. Sa seule liaison avec Bône est un convoi escorté une fois par semaine avec protection aérienne 25.
Ces mesures sécuritaires et les projets de financements lancés par l’État français contribuent à renforcer le développement industriel de l’Algérie. Le 3 octobre 1958, le Général de Gaulle présente le Plan dit de Constantine :« Avant la fin de ces cinq années la première phase du Plan de mise en valeur agricole et industriel de l’Algérie sera menée à son terme. Cette phase comporte notamment l’arrivée et l’utilisation du pétrole et du gaz sahariens, l’établissement de vastes ensembles métallurgiques et chimiques, la construction de logements pour un million de personnes, le développement adéquat de l’équipement sanitaire des ports, des routes, des transmissions, l’emploi régulier de 400.000 travailleurs nouveaux26 . »
Un an plus tard, bien que les objectifs prévus ne soient pas atteints, selon Paul Delouvrier, Délégué général du gouvernement en Algérie,132 activités industrielles ont tout de même été créées 27. Dans ce contexte, plusieurs mines et usines naissent grâce au financement de ce plan.
Par exemple, le texte qui accompagne les rushes Les Mines de fer de Ouenza stipule que : « La production annuelle atteint trois millions de tonnes dont 1/3 est destinée au complexe sidérurgique bônois récemment créé, le reste est exporté. Bien que la prospection ne soit pas définitive, il semble que le gisement atteigne 120 millions de tonnes encore à extraire… promesse d’un avenir prospère pour longtemps. » Dans les faits, le complexe sidérurgique de Bône est bel et bien né, avec beaucoup de difficultés – les grandes sociétés sidérurgiques françaises ne parviennent que péniblement à se mettre d’accord –, dans le cadre du Plan de Constantine.D’autres résumés éclairent les films intitulés Usine Altumec à Reghaïa et Les mines de phosphate du Kouif 13, datant de 1960. Ainsi le premier commentaire stipule que : « Dans le cadre du Plan de Constantine, une usine s’est installée à Reghaia, à 22 km à l’Est d’Alger. Elle fait partie d’un ensemble de sociétés qui se trouvent en métropole. » Les mines de phosphate du Kouif, selon le résumé des rushes annonce l’arrêt de l’exploitation en 1963 et que ce gisement est remplacé par celui « du Djebel Onk (plus au Sud) dont l’installation sera financée en partie sur le Plan de Constantine. » Le film militaire Colomb-Béchar 28, de 1958, débute par la présentation du projet d’extraction du gisement de fer de Gara Djebilet au Sud-Est de Tindouf à proximité de la frontière avec la Mauritanie. Les estimations envisagent une production impressionnante de 5 millions de tonnes de minerai par an. Pour autant, aussi enthousiaste que ce soit le discours filmique, à cause de la forte teneur en phosphore présent dans le minerai et des difficultés d’acheminement du minerai jusqu’à Oran, port situé à de plus de 1100 kilomètres, le site n’est jamais exploité.
Le gouvernement français a tout intérêt à anticiper et installer des relations propices avec ses anciennes colonies, ou en passe de l’être, pour préparer une entente commerciale qui lui permette de développer ses entreprises demeurées sur place ou qui importent des minerais. Effectivement, le 6 mai 1966, contre toute attente, les mines de Ouenza, et d’autres, sont nationalisées par le gouvernement algérien et des négociations avec les actionnaires français aboutissent à des indemnisations. C’est ce qu’illustre le film d’actualités Mines de Charbon de Djérada. Maroc29 de 1959 . À nouveau, les images montrant l’extraction minière, puis le traitement du minerai et son expédition par voie maritime, ne sont destinées qu’à illustrer le commentaire filmique dont le contenu ne laisse aucun doute sur ses velléités promotionnelles.
Pour finir, ces gestes de travail filmés permettent de valoriser des techniques modernes. Les rushes de Les Mines de fer de Ouenza montrent que l’extraction se fait à ciel ouvert par gradins pouvant atteindre 20 mètres de haut. Pour une meilleure compréhension, voici le processus dans l’ordre duquel doit être fait un éventuel montage. Quelques recommandations sont d’ailleurs données par l’opérateur de prises de vue « J’ai filmé 4 éclatements de mines, à chaque éclatement correspond un plan de mineur qui déclenche avec son appareil l’explosion. Je pense qu’au montage on pourrait faire précéder l’explosion d’un plan très rapide (à peine 1 ou 2 secondes) du simple geste que fait le mineur d’appuyer sur la manette. » Ce sont d’abord les machines nommées soudeuses à battage ou rotatives qui oeuvrent en creusant des trous espacés de quelques mètres, dans lesquels les boute-feux introduisent des charges explosives. Les gestes sont conformes à ceux réalisés dans n’importe quel site de ce type. Quand le chantier est évacué le tir des mines a lieu, c’est l’abattage. Les pelles mécaniques chargent ensuite les camions pouvant contenir 20 à 30 tonnes de fer ou des wagons. La présence du travail se limite ici à l’insertion manuelle des explosifs et surtout aux commandes des machines. Il n’a pas été retrouvé de version montée de ces rushes, bien que l’opérateur donne quelques pistes possibles : « La direction de la mine envisage de se rendre acquéreur du film et m’a demandé si cela était possible – j’ai répondu par l’affirmative. »Le travail industriel filmé de cette période révèle un dernier aspect de la mise en œuvre du Plan de Constantine, celui de moderniser, de développer le secteur de la transformation des métaux et de l’industrie lourde en Algérie. Trois films tournés en 1960 et 1961, illustrent cet état de fait. Celui intitulé Usine Altumec à Reghaïa, datant de 1960, est un exemple probant. Jusqu’à cette création de 1960, la demande de tuyaux d’acier est satisfaite par l’importation de productions françaises. La société Sotubal, située à Reghaïa à une vingtaine de km d’Alger, est la seule unité créée équipée d’une ligne de fabrication de tubes d’acier soudés longitudinalement. En 1963, une autre chaîne d’opération fabrique des tubes soudés en spirale ; elle porte le nom d’Altumec. Les deux unités intègrent la société d’État SNS, la Société nationale de sidérurgie, en 1964 30. Le titre du film a sans doute été donné entre 1963 et 1964, puisqu’il ne correspond pas à la réalité des prises de vue de 1960. Les images ne montrent que cette ligne de fabrication. Les gestes humains filmés sont ceux liés aux commandes de production. Le feuillard, large et longue bande d’acier, matière première indispensable à la mise en forme des tuyaux, est importé jusqu’en 1972. Il est déformé à froid, puis devient un tube après de nombreux passages dans divers galets formeurs. Réchauffé par électrodes, il est soudé longitudinalement avant d’être découpé à la dimension souhaitée.
Le film d’actualités Algérie. Acilor. Aciers et laminoirs31 , de 1961, présente les deux dernières phases de production d’acier à savoir l’épuration (aciérie) et le formage (laminoir). Dans des fours Martin, les riblons (ferraille récupérée), du minerai et de la fonte sont liquéfiés. Le fondeur, protégé par un chapeau, des lunettes et un long tablier de cuir, remue le liquide en fusion et retire els impuretés qui se forment en surface. Pour que la coulée puisse avoir lieu un ouvrier à l’aide d’une machine se positionne devant la porte du four. Les images ne le montrent pas, mais il est possible d’imaginer qu’il place la rigole de coulée. Le fondeur perce ensuite un orifice à l’aide d’un ringard afin que l’acier s’écoule dans une poche. En hauteur, la poche déverse ensuite son contenu dans des lingotières. Le pont-roulant et son pontier sont hors-champ. La suite des images filmées permet au spectateur de comprendre le cheminement d’une brame d’acier entre les divers types de cages d’un train de laminoir jusqu’à l’obtention d’un fil d’acier. La main de l’homme est majoritairement absente, mettant ainsi l’accent sur l’automatisation de la chaîne de production. De temps à autre, les lamineurs, à l’aide de pinces, placent une barre ou un fil d’acier entre les cannelures de la cage. Ce geste, qui semble si aisé à l’écran, nécessite une très grande dextérité. Le noir et blanc de l’image fait oublier qu’il s’agit de métal en fusion et les risques d’accident qui sont permanents. Le cisaillement des produits à la taille désirée reste une tâche de commande humaine. Le conditionnement sur le parc de stockage et son déplacement sont dévolus aux manœuvres.
Ces prises de vue sont destinées à montrer que la France investit dans le domaine de la sidérurgie en Algérie. Effectivement, en 1937, les Forges et laminoirs de Breteuil créent à Oran la SAFLA (Société des aciéries, forges et laminoirs d’Algérie), qui contient une aciérie Martin et des laminoirs puisqu’elle fabrique des rails de chemins de fer. Il faut attendre 1951 et la participation majoritaire de Pont-à-Mousson, pour que l’entreprise deviennent la Société des aciéries et laminoirs d’Oran (Acilor) 32 et que son développement profite du Plan de Constantine. Effectivement, ce film illustre par son cadrage une mécanisation qui paraît innovante bien que ses installations demeurent anciennes. Ces images se justifient également par le fait que cette usine reste une des seules entreprises d’industrie lourde du Maghreb jusque dans les années 1962 lorsque la direction d’Acilor cesse les activités de l’usine et rapatrie ses employés européens. Il faut attendre l’indépendance pour que cela change et soit de nouveau profitable.
Les gestes techniques filmiques de la fabrication de l’acier ainsi identifiés pour les travailleurs au Maghreb durant le XXe siècle, montrent des métiers, des degrés de professionnalité identiques à ceux effectués à la même époque en métropole. Si parfois, les archives textuelles témoignent de dissentions entre les travailleurs originaires d’Europe et locaux, les films au contraire laissent entrevoir une certaine harmonie. Tout au plus peut-on observer parfois que dans la hiérarchie au sein des entreprises, les tâches de manœuvres sont occupées par ces derniers travailleurs alors que les postes de commande sont réservés aux Européens. Cette situation ne semble d’ailleurs pas différente de celle rencontrée dans les usines métropolitaines. D’autres archives encore, mentionnent que l’équipement des travailleurs au Maghreb est souvent vétuste et en fin de vie. A contrario, les discours des films ou rushes présentent surtout des ouvriers munis d’outils, de machines, de chaînes opératoires mécanisées et modernes. Il faut un œil averti pour déceler des nuances, notamment dans les normes sécuritaires. Il ne faut pas s’arrêter au contenu filmique, qui doit être replacé dans son contexte politico-économique. Toutes ces images animées, produits d’une commande, sont destinées à illustrer les décisions prises par une métropole envers ses colonies. Ainsi, une évolution est perceptible de 1930 à 1962, date de l’indépendance algérienne. À la diffusion d’une image exotique de ces territoires, répond celle de la mission civilisatrice de la France, débutée fin XIXe siècle qui entend moderniser les industries locales et pour ce qui nous intéresse de transformation des métaux. Pour autant, jusque-là si l’accent est placé sur l’extraction des richesses du sous-sol, ces productions sont surtout destinées à l’exportation et peu utilisées en métropole du fait de l’exploitation de son propre sous-sol. De même, pour des mêmes raisons identiques, les hypothèses formulées en début d’étude se confirment : les films montrent que les industries lourdes de fabrication d’acier brut ou laminé sont quasiment inexistantes en Afrique du Nord, particulièrement au Maroc et en Tunisie. La rareté des images tournées dans le domaine confirme cette réalité. Or, à partir de 1941, sans réel aboutissement, et surtout à partir de 1958, un véritable plan d’envergure est établi afin d’anticiper les relations commerciales futures avec des États dont la décolonisation a déjà débuté. C’est pourquoi, quelques rushes de films militaires présentent une volonté de sécuriser les espaces de travail, soit dans leurs images, soit dans leurs commentaires. Il faut également rappeler que la main-d’œuvre laborieuse s’amenuise durant les années de guerre en Algérie. Le discours filmique vante alors les mesures prises pour favoriser des techniques innovantes destinées à accroître les visées productives de sociétés françaises qui veulent maintenir des intérêts économiques dans ces territoires. Les gestes filmés des travailleurs, ainsi instrumentalisés pour servir une époque coloniale aujourd’hui disparue, restent pourtant des traces et héritages inscrits dans la mémoire collective actuelle qu’il convient de recontextualiser.Bibliographie
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- Bernard Phan, Colonisation et décolonisation (XVIe-XXe siècle), PUF, Paris, 2009. ↩︎
- François Chevaldonné, « Notes sur les structures et les modalités de diffusion du documentaire colonial en Algérie », François Chevaldonné (dir.), Le documentaire dans l’Algérie coloniale, Cahiers de l’IREMAM, Archives Institut Jean Vigo/Cinémathèque de Toulouse, n°71/72, juillet 1997, pp. 48-59. ↩︎
- Ibid, pp. 50-51. ↩︎
- Nous avons établi que cette thématique représente seulement 1,6% de la production filmique française de 1896 à 1952 et 5,4% de 1953 à 2015. Nadège Mariotti, Images de gestes, gestes en images…Le travail dans la fabrication de l’acier en France (1896-1981), thèse de doctorat, dir. Laurent Véray, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, 2019, p. 56. ↩︎
- Bernard Simiot, « Le Plan de Constantine », Revue des Deux Mondes, 15 octobre 1959, pp. 742-744. ↩︎
- Habib Belaid, La « caravane cinématographique ». Propagande et diffusion en milieu rural tunisien (1942-1953), Morgan Corriou (dir.), Publics et spectacle cinématographique en situation coloniale, Tunis, IRMC-Laboratoire CERES, 2012, p. 263. ↩︎
- François Chevaldonné, op. cit., p. 51. Habib Belaid, La « caravane cinématographique », op. cit., 2012. ↩︎
- Pour Du Manuel au robot : Index de la cinématographie française, 1953, p. 605 ; 1954 A p. 276 ; 1954 B p. 266 ; 1955 A p. 199 ; 1955 B p. 243 ; 1956 A p. 244 ; 1956 B p. 267 ; 1957 A p. 520 ; 1957 B p. 230. Pour Colomb-Béchar, Porte du ciel : Index de la cinématographie française, 1956 A, p. 604 ; 1956 B, p. 364 ; 1957 A, p. 499, p. 616 ; 1957 B, p. 207, 329 ; 1958 A, p. 551 ; 1958 B, p. 208, p. 338 ; 1959 A, p. 706 ; 1959 B, p. 235, p. 354 ; 1960 p. 639, p. 747 ; 1961, p. 767, p. 876 ; 1962, p. 883 ; 1963, p. 383, p. 502 ; 1964, p. rose 7. Bilan d’un jour : Index de la cinématographie française, 1961, p. 653. ↩︎
- Michèle Lagny, op. cit., p. 50. ↩︎
- L. Verrière et Olivier Roland, « L’économie algérienne – Sa structure, son évolution de 1950 à 1955 », Études et conjoncture, INSEE, n°2, 1957, pp. 249-250. ↩︎
- « Les richesses coloniales. Le manganèse au Maroc », Le Temps, 2 janvier 1928. ↩︎
- Victor Vidal, Exploitation des mines, Tome 1 Travaux miniers, Dunod, Paris, 1961, p. 135. ↩︎
- Extrait du commentaire du film La France, Pays de Cent millions d’habitants, [sr], Pathé, diffusé le 04/10/1939, 5 mn 10. ↩︎
- Ibid. ↩︎
- Kenadsa, Houillère du désert, Paul-Edmond Decharme, Alcina, 1940, 10 mn 35. ↩︎
- Titre honorifique. ↩︎
- L’Écho d’Alger, 13 avril 1940. ↩︎
- Daniel Lefeuvre, « Vichy et la modernisation de l’Algérie. Intention ou réalité ? », Vingtième Siècle, n°42, avril-juin 1994, pp. 7-16. ↩︎
- Colomb-Béchar, Porte du ciel, Jacques Arnaud, Armor-Films ; Service photographique des armées, 18 mn 31, 1955. ↩︎
- Le Libertaire, le 27 avril 1951. ↩︎
- Ibid. ↩︎
- L. Verrière et Olivier Roland, op. cit, p. 250. ↩︎
- L’Écho d’Alger, 27 Août 1941. ↩︎
- Les Mines de fer de Ouenza, [sr], Société cinématographique de l’armée, 12 minutes et 11 secondes, 1960. ↩︎
- Marcel Lesne, « Une expérience de déplacement de population : les centres de regroupement en Algérie », Annales de Géographie, t. 71, n°388, 1962, pp. 567-603. Xavier De Planhol, « Les nouveaux villages d’Algérie », Geografiska Annaler, 1961, Vol. 43, No. 1/2, Morphogenesis of the Agrarian Cultural Landscape: Papers of the Vadstena Symposium at the XIXth International Geographical Congress (1961), pp. 243-251. ↩︎
- Ibid. ↩︎
- Propos recueillis par Bernard Simiot, op. cit. ↩︎
- Colomb-Béchar, [sr], Société cinématographique de l’armée, environ 80 mn, 1958. ↩︎
- Mines de Charbon de Djérada. Maroc de 1959, [sr], Gaumont, 01 minute et 04 secondes, 1959. ↩︎
- Sorès Inc., Étude technico-économique du secteur des tubes et tuyaux en Algérie, Rapport n°1 : évaluation du potentiel de production, novembre 1972. ↩︎
- Algérie. Acilor. Aciers et laminoirs, [sr], Gaumont, 03 minutes et 08 secondes, 1961. ↩︎
- Moine Jean-Marie, « La sidérurgie, le Comité des forges et l’empire colonial. Mythes et réalités », L’esprit économique impérial (1830-1970). Groupes de pression & réseaux du patronat colonial en France & dans l’empire, Paris, Société française d’histoire d’outre-mer, 2008, p. 495. ↩︎
Notes
- Michèle Lagny, « Cinéma documentaire français et colonies (1945-1955) : Une propagande unilatérale et bienveillante », Catherine Saouter (dir.), Le Documentaire, Contestation et propagande, Montréal, XYZ éditeur, 1996, p. 49.
- Le GGA est un office algérien promotionnel d’action économique et touristique (1932-1950). Le service cinématographique est ensuite, à partir de 1951, géré par l’Office administratif de l’Algérie, puis par la Délégation générale du gouvernement en Algérie de 1958 à 1962. Archives nationales d’outre-mer, FR ANOM GGA 9 O 1-20.
- Sébastien Denis, « La diffusion des documentaires sur l’Algérie coloniale en France métropolitaine (1945-1962) », Questions de communication, Presses universitaires de Lorraine, 9/2006, p. 320.
- Pathé-Journal, France Actualités à partir des années 1930), rejoignant les Actualités françaises après 1945.
- Du Manuel au robot, Marie-Anne Colson-Maleville, L’Équipe Société coopérative ouvrière de production de films ; Martial (Trois usines), 14 mn 53, 1953 ; Colomb-Béchar, Porte du ciel, Jacques Arnaud, Armor-Films ; Service photographique des armées, 18 mn 31, 1955 ; Bilan d’un jour, Carlos Vilardebo, Cinétest, 16 mn, 1960.
- Le Gouvernement général d’Algérie (1930-1950), se nomme ensuite Office administratif de l’Algérie (1951-1958), puis Délégation générale du gouvernement en Algérie (1958-1962).
- L’Agence de la France d’Outre-mer (1945-1953) est le « Service officiel du Ministère de la France d’Outre-Mer. Fondée sous le nom : « Agence des colonies » au tournant du XXe siècle. Elle est attestée entre 1919 et 1939 comme : « Agence générale des colonies ». Après 1945, elle devient : « Agence économique de la France d’outremer » et « Agence de la France d’outremer ». BnF, Gallica.
- Mines de manganèse de Bou-Arfa, [sr], Pathé, 04 minutes, 1930.
- Robert Tinthoin, « Un centre minier moderne à la limite du Sahara oranais », Annales de Géographie, t. 57, n°305, 1948,p. 92.
- L’Écho d’Alger, 13 avril 1940.
- Du manuel au robot, Marie-Anne Colson-Malville, production L’équipe Société coopérative ouvrière de production de films, 14 minutes et 53 secondes, 1951.
- Les Mines d’Aïn-Barbar, [sr], Société cinématographique de l’armée, 09 minutes et 43 secondes, 1962.
- Usine Altumec à Reghaïa, [sr], Société cinématographique de l’armée, 06 minutes et 59 secondes, 1960. Les mines de phospahte du Kouif, [sr], Société cinématographique de l’armée, 02 minutes et 57 secondes, 1960.
- Bernard Phan, Colonisation et décolonisation (XVIe-XXe siècle), PUF, Paris, 2009. ↩︎
- François Chevaldonné, « Notes sur les structures et les modalités de diffusion du documentaire colonial en Algérie », François Chevaldonné (dir.), Le documentaire dans l’Algérie coloniale, Cahiers de l’IREMAM, Archives Institut Jean Vigo/Cinémathèque de Toulouse, n°71/72, juillet 1997, pp. 48-59. ↩︎
- Ibid, pp. 50-51. ↩︎
- Nous avons établi que cette thématique représente seulement 1,6% de la production filmique française de 1896 à 1952 et 5,4% de 1953 à 2015. Nadège Mariotti, Images de gestes, gestes en images…Le travail dans la fabrication de l’acier en France (1896-1981), thèse de doctorat, dir. Laurent Véray, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, 2019, p. 56. ↩︎
- Bernard Simiot, « Le Plan de Constantine », Revue des Deux Mondes, 15 octobre 1959, pp. 742-744. ↩︎
- Habib Belaid, La « caravane cinématographique ». Propagande et diffusion en milieu rural tunisien (1942-1953), Morgan Corriou (dir.), Publics et spectacle cinématographique en situation coloniale, Tunis, IRMC-Laboratoire CERES, 2012, p. 263. ↩︎
- François Chevaldonné, op. cit., p. 51. Habib Belaid, La « caravane cinématographique », op. cit., 2012. ↩︎
- Pour Du Manuel au robot : Index de la cinématographie française, 1953, p. 605 ; 1954 A p. 276 ; 1954 B p. 266 ; 1955 A p. 199 ; 1955 B p. 243 ; 1956 A p. 244 ; 1956 B p. 267 ; 1957 A p. 520 ; 1957 B p. 230. Pour Colomb-Béchar, Porte du ciel : Index de la cinématographie française, 1956 A, p. 604 ; 1956 B, p. 364 ; 1957 A, p. 499, p. 616 ; 1957 B, p. 207, 329 ; 1958 A, p. 551 ; 1958 B, p. 208, p. 338 ; 1959 A, p. 706 ; 1959 B, p. 235, p. 354 ; 1960 p. 639, p. 747 ; 1961, p. 767, p. 876 ; 1962, p. 883 ; 1963, p. 383, p. 502 ; 1964, p. rose 7. Bilan d’un jour : Index de la cinématographie française, 1961, p. 653. ↩︎
- Michèle Lagny, op. cit., p. 50. ↩︎
- L. Verrière et Olivier Roland, « L’économie algérienne – Sa structure, son évolution de 1950 à 1955 », Études et conjoncture, INSEE, n°2, 1957, pp. 249-250. ↩︎
- « Les richesses coloniales. Le manganèse au Maroc », Le Temps, 2 janvier 1928. ↩︎
- Victor Vidal, Exploitation des mines, Tome 1 Travaux miniers, Dunod, Paris, 1961, p. 135. ↩︎
- Extrait du commentaire du film La France, Pays de Cent millions d’habitants, [sr], Pathé, diffusé le 04/10/1939, 5 mn 10. ↩︎
- Ibid. ↩︎
- Kenadsa, Houillère du désert, Paul-Edmond Decharme, Alcina, 1940, 10 mn 35. ↩︎
- Titre honorifique. ↩︎
- L’Écho d’Alger, 13 avril 1940. ↩︎
- Daniel Lefeuvre, « Vichy et la modernisation de l’Algérie. Intention ou réalité ? », Vingtième Siècle, n°42, avril-juin 1994, pp. 7-16. ↩︎
- Colomb-Béchar, Porte du ciel, Jacques Arnaud, Armor-Films ; Service photographique des armées, 18 mn 31, 1955. ↩︎
- Le Libertaire, le 27 avril 1951. ↩︎
- Ibid. ↩︎
- L. Verrière et Olivier Roland, op. cit, p. 250. ↩︎
- L’Écho d’Alger, 27 Août 1941. ↩︎
- Les Mines de fer de Ouenza, [sr], Société cinématographique de l’armée, 12 minutes et 11 secondes, 1960. ↩︎
- Marcel Lesne, « Une expérience de déplacement de population : les centres de regroupement en Algérie », Annales de Géographie, t. 71, n°388, 1962, pp. 567-603. Xavier De Planhol, « Les nouveaux villages d’Algérie », Geografiska Annaler, 1961, Vol. 43, No. 1/2, Morphogenesis of the Agrarian Cultural Landscape: Papers of the Vadstena Symposium at the XIXth International Geographical Congress (1961), pp. 243-251. ↩︎
- Ibid. ↩︎
- Propos recueillis par Bernard Simiot, op. cit. ↩︎
- Colomb-Béchar, [sr], Société cinématographique de l’armée, environ 80 mn, 1958. ↩︎
- Mines de Charbon de Djérada. Maroc de 1959, [sr], Gaumont, 01 minute et 04 secondes, 1959. ↩︎
- Sorès Inc., Étude technico-économique du secteur des tubes et tuyaux en Algérie, Rapport n°1 : évaluation du potentiel de production, novembre 1972. ↩︎
- Algérie. Acilor. Aciers et laminoirs, [sr], Gaumont, 03 minutes et 08 secondes, 1961. ↩︎
- Moine Jean-Marie, « La sidérurgie, le Comité des forges et l’empire colonial. Mythes et réalités », L’esprit économique impérial (1830-1970). Groupes de pression & réseaux du patronat colonial en France & dans l’empire, Paris, Société française d’histoire d’outre-mer, 2008, p. 495. ↩︎