Les enquêtes ouvrières dans l’Europe contemporaine

Autour de l'ouvrage co-dirigé par E. Geerkens, N. Hatzfeld, I. Lespinet-Moret, X. Vigna (La Découverte, 2019)
Le 6 mai 2020

La parution de l’ouvrage collectif Les enquêtes ouvrières dans l’Europe contemporaine est l’occasion de redécouvrir la « question sociale », qui traverse l’histoire européenne, sous un angle novateur, en s’intéressant aux enquêtes menées par un vaste ensemble de chercheurs en sciences sociales, de personnalités politiques et de collectifs de travailleurs. Des enquêtes qui nous font parcourir le monde ouvrier européen selon une perspective transnationale, des premiers pas de l’industrialisation aux décennies les plus récentes. L’APHG a eu la chance de pouvoir s’entretenir avec Eric Geerkens et Xavier Vigna qui nous éclairent sur les renouvellements apportés par ce livre.

Par Ivan Burel 1.

1. Vous évoquez en introduction le manque d’attention qui a pendant longtemps touché l’étude des enquêtes ouvrières par rapport à d’autres pratiques d’enquête. Dès lors, quels sont les renouvellements qui ont permis la naissance de cet ouvrage ? Le livre marque l’aboutissement d’un séminaire abrité pendant quatre ans par l’EHESS et correspond aux cheminements de certains d’entre nous autour des questions de santé au travail, ou des rapports entre l’histoire ouvrière et l’observation des ouvriers. Puisque l’enquête elle-même est passée au crible dans toute une série de travaux de sciences sociales, nous étions désireux de revenir sur cette immense corpus des enquêtes ouvrières et de reprendre à nouveaux frais un questionnement des années 1970 sur les enquêtes du XIXe siècle. Nous voulions revenir en partie à l’histoire de la science sociale, en regardant d’autres travaux méconnus. Parmi les auteurs qui nous ont inspiré, il faut mentionner tout le magnifique travail...