Histoire des arts à l’école (le XIXème siècle) : le corps, le voyage.

par Nicole Lucas, membre de la rédaction d’Historiens et Géographes
Le 21 octobre 2014

Deux livrets, Musée d’Orsay, 2011, Hachette éducation, 95 pages, accompagnés d’un CD présentant les œuvres picturales et musicales insérées dans les livrets. Prix : 14,90 euros.

« Initier les enfants à l’histoire des arts, développer leur curiosité esthétique, affiner leur sensibilité aux œuvres », tels sont les objectifs de ces livrets réalisés à l’initiative du musée d’Orsay, consacrés au corps et au voyage dans les arts au 19ème siècle. Chaque brochure se clôt par une chronologie qui situe œuvres et créateurs dans leur époque. Dans ces deux opus, l’étude particulière de vingt œuvres célèbres ou moins connues est précédée de la synthèse de sept pages, rédigée par Maurice Meuleau, soulignant l’évolution politique, économique et sociale de la France de 1800 à 1914. L’essentiel des ouvrages met en regard sur une double page les œuvres du musée choisies comme références et vingt textes (poésies, extraits de romans et de théâtre, chants, critiques) dans l’esprit pluridisciplinaire des programmes scolaires de 2008. Cependant, certaines des œuvres choisies auraient pu être mieux centrées sur les compétences attendues et sont plus adaptées aux parcours prévus pour le lycée (le corps BO/2008 p.14). Les conditions de la représentation esthétique du corps humain dans la peinture et la sculpture, voire la photographie, sont analysées à partir de la création de l’école des Beaux-Arts et la multiplication des salons. Le corps humain, masculin ou féminin, nu, vêtu, est représenté au 19ème à partir de modèles et symbolise l’idéal artistique et esthétique dominant. Il prend de multiples facettes, allégoriques, mythologiques, symboliques puis évolue au cours du siècle de l’idéal au réalisme, pour s’intéresser au corps sans fard du travailleur, au corps éclaté aux formes singulières marqué par le labeur. Ainsi le tableau de Caillebotte « les raboteurs de parquets » fait face au chant des Canuts. Dans les deux études, les arts du visuel s’éclairent des arts du langage par un effet-miroir efficace. Enfin, les auteurs conservateurs et historiens de l’art proposent aux enfants-les termes adolescents ou élèves auraient mieux convenu- six parcours thématiques de dix œuvres chacun pour construire ensuite des séquences pédagogiques, par exemple « corps allégorique », « images sociales du corps », « artistes voyageurs et voyages d’artistes ». Ils suggèrent, avec l’appui du service éducatif du musée, des itinéraires formateurs. telechargement-voyage-hda-orsay.jpgComme dans le livret consacré au corps, celui dédié au voyage est précédé d’une présentation de ses différentes facettes. Partant des pèlerinages premiers, les auteurs y décrivent l’élargissement du monde, l’essor des moyens de transport offrant un espace à l’imagination artistique. Au 19ème , le voyage rituel à Rome, la passion pour l’Orient nourrissent la création. Le train et la gare redonnent une dimension esthétique à la France et ses paysages, même s’ils sont proches et familiers (Millet). La mode du japonisme et Gauguin ouvrent des horizons. Au final, les deux recueils réunissent des documents sous une forme pratique. Si les fiches restent descriptives et ne donnent pas nécessairement toutes les clés, elles représentent des outils liminaires pour aller à la découverte des ressources d’un musée et d’une époque riche en mutations culturelles. © Historiens et Géographes Tous droits réservés
Musée d'Orsay - source Ecole du Louvre.fr
Musée d’Orsay – source Ecole du Louvre.fr