Habiter l’alpage, cabanes d’estive au fil du Verdon, Alpes de Haute Provence.

Compte-rendu de la rédaction
Le 16 mai 2016

Laurent DEL ROSSO, Maxence MOSSERON, Habiter l’alpage, cabanes d’estive au fil du Verdon, Alpes de Haute Provence. Editions Lieux Dits, coll Parcours du patrimoine, mai 2015, 88 pages, illustrations et cartes couleur, bibliographie, glossaire, 9€.

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Laurent Del Rosso et Maxence Mosseron, conservateurs au service de l’inventaire et du patrimoine de la région PACA ont dressé un inventaire des cabanes d’estive du Haut Verdon, prétexte à une étude des pratiques de transhumance montante entre la basse Provence et les pâturages d’altitude des Alpes de Haute Provence. L’ouvrage comporte 2 parties, indépendantes et complémentaires. La première reprend le titre de l’ouvrage. L’aire étudiée coïncide avec le pays A3V, autrement dit Pays Asses-Verdon-Vaïre-Var, soit 41 communes à l’Est du département des Alpes de Haute Provence (carte en 2ème de couverture). L’histoire du pastoralisme transhumant remonterait au IVème millénaire, mais la faiblesse du matériel archéologique ne permet pas de remonter en-deçà du XVème siècle. De précieuses indications sont fournies par les cadastres, des cartes militaires ou les contrats de nourriguiers. Le pastoralisme transhumant dans cette région revêt 3 formes historiques : espace de transhumance courte, ou aire de passage (par exemple entre Bouches du Rhône et Champsaur) ou encore point de départ vers des alpages plus élevés (exemple de Senez vers les Hautes Alpes). Au cours des siècles, la transhumance a évolué : parcours, organisation logistique, débouchés commerciaux. Il ne s’agit pas, contrairement aux idées reçues, de pratiques immuables. Le pastoralisme transhumant génère une économie lucrative, par la commercialisation des alpages. La transhumance devient aujourd’hui un marqueur identitaire régional : fêtes locales, anthropisation des paysages concernés par les drailles, abreuvoirs, les cabanes et édicules… Ce qui n’empêche pas les conflits d’usage, le plus visible étant le partage de la montagne entre pastoralisme et tourisme. Les estives sont un espace commun que doivent partagé bergers, chasseurs, randonneurs, VTTistes, naturalistes, écologistes. Le rôle des cabanes d’estive, le choix de leur implantation, leur datation difficile, les modes de construction font l’objet d’une partie abondamment illustrée. Au total environ 200 cabanes d’estive ont été recensées , des ruines identifiables aux constructions récentes. La seconde partie de l’ouvrage propose 5 parcours de randonnée en pays A3V. Chaque itinéraire est accompagné d’un extrait de carte IGN, de photographies, d’un descriptif et des mentions de distance, dénivelé, temps, difficulté. En outre, le format 22.5×11.5 le rend maniable et on n’hésite pas à l’emporter dans un sac pour la randonnée. En bref, un petit livre bien documenté pour des étudiants, des historiens, des géographes, des randonneurs ou simplement des amoureux des Alpes de Haute Provence. © Michèle Poncelet pour les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes, 15/05/2016. Tous droits réservés.