Guerre, État, société en France de 1851 à 1945 (9)

BILAN THÉMATIQUE
Le 27 octobre 2014

pas de renvois dans ce cours, ils seraient trop nombreux, par définition…
Le livre récent de Mona Siegel sur le pacifisme 1 a été publié par Jay Winter dans une collection intitulée « Studies in the Social and Cultural History of Modern Warfare » : c’est ce que nous avons fait toute l’année, en français bien sûr !
une évolution de l’historiographie, vers l’ « histoire de la guerre en empathie avec ses acteurs et au plus proche de leurs souffrances » 2, privilégiant l’expérience, ou plutôt les expériences de la guerre, la « culture de guerre » (cf. cours GÉS-7)
caractère matriciel de la Première Guerre Mondiale, d’ailleurs réévaluée dans l’historiographie depuis une vingtaine d’années, en terme de violences de guerre, cf. la « brutalisation », concept de George Mosse (voir plus loin le III)
la guerre n’a pas que des effets négatifs : ouvrage pionnier d’Arthur Marwick, The Deluge, centré sur la Grande-Bretagne et la Première Guerre Mondiale :
– modification des groupes sociaux
– rapports de « genre »
– bouleversement des conditions de vie et de travail
– problème de la cohésion sociale
la guerre influe sur la distribution du pouvoir, avec l’accroissement de la sphère d’intervention du gouvernement, l’accession des syndicats et partis ouvriers au rang d’interlocuteurs reconnus, sans oublier les places respectives du pouvoir civil et du pouvoir militaire
la « guerre totale » :
– des racines dès le XIXe siècle : guerres de la Révolution française ( ?, cf. la « nation en armes »), guerre de Sécession, Année terrible
– Churchill a utilisé le mot dès 1914 (au sens de propagande vis-à-vis des pays neutres) – Clemenceau utilise en 1917 l’expression de « guerre intégrale »
– Léon Daudet titre « guerre totale » un livre de 1918
– le général allemand Ludendorff l’utilise dans ses Mémoires de guerre, publiés en 1919 ; il la reprend dans un autre livre, en 1935
– rôle considérable de la Seconde Guerre mondiale, de la « brutalisation » (voir plus loin le III), même si le mot français d’ « ensauvagement » n’a guère pris
– >>> notion de « très grande guerre », de « guerre de 30 ans » (expression de De Gaulle, cf. biographie dans le dossier biographique)
pacifismes :
– « pacificistes », i. e. les partisans de l’arbitrage international

– relégués au second plan par les « pacifistes », hostiles à la participation à toute guerre

1 M.L.Siegel, The Moral Disarmament of France. Education, Pacifism, and Patriotism, Cambridge University Press, 2011, 317 p.
2 S.Audouin-Rouzeau & A.Becker, 14-18. Retrouver la guerre, Gallimard, 2000, 272 p., p. 8.

Documents joints GES 9 Bilan Thématique