Guerre, État, société en France de 1851 à 1945 (10)
-* Historio. :
– Gender history . Expression introduite par l’historienne américaine Joan Scott dans seconde moitié des années 80. Une revue, Gender and History , publiée à Oxford 1989>>>.
– forte avance des historiens anglo-saxons, même concernant la France, cf :
L.L.Downs, Manufacturing Inequality. Gender Division in the French and British Metalworking Industries, 1914-1939, Ithaca/Londres, Cornell University Press, 1995, 329 p., compte rendu dans Bulletin de la Société d’histoire moderne, 1998/1 & 2, pp. 107-108
S.Reynolds, France between the Wars. Gender and Politics, Londres, Routledge, 1996, 280 p., compte rendu dans Vingtième Siècle. Revue d’Histoire, octobre-décembre 1997, pp. 247-248
– Mais fortes critiques de la Gender history par Marie-Hélène Bourcier, ancienne de Condorcet, de FSC, sociologue, professeur à l’EHESS. Très nombreux genres (cf. homosexuel(le)s, fem, butch, bear, fag hag (homosexuelle qui aime un homosexuel), etc., évolution de la même personne, refus de se définir, d’être défini(e), mouvements no-sex, etc. N.B. : distinguer le coming out, annonce publique et volontaire, par une personnalité, de ses orientations sexuelles, alors que l’outing consiste à révéler cette information contre son avis.
– Et : historiographie française, cf.
M.Riot-Sarcey, « L’historiographie française et le concept de genre », Revue d’histoire moderne et contemporaine, octobre-décembre 2000, pp. 805-814
et une bibliothèque sur l’histoire des femmes, la Bibliothèque Marguerite Durand, 79 rue Nationale, 75013 Paris
Biblio. GÉS :
– Collectif, Hommes et femmes dans la France en guerre (19 14-1945), Payot, 2003, 362 p. Très bon mais très désordonné et répétitif : j’ai reconstruit un plan évolutif
– Patrick Buisson, 1940-1945. Années érotiques, Livre de Poche n° 32299 & 32300, 2008, 796 & 734 p. (déjà légèrement évoqué dans le GÉS-2)
– divers livres sur l’histoire des femmes
Attention :
– la Gender history, ce n’est pas seulement l’histoire des femmes, ce cours n’est pas une « bizarrerie », il va concerner aussi l’histoire des hommes
– la Gender history, c’est aussi l’histoire des façons dont on se sent femmes et hommes. Cf. la fameuse formule de Simone de Beauvoir, dans Le Deuxième Sexe, 1949 : « On ne naît pas femme, on le devient » 1
– car le genre, ce serait le « sexe social », c’est-à-dire un ensemble de pratiques, de
représentations, d’aptitudes et d’habitudes, à la fois catégorie mentale, construction symbolique et vécu social. Le sexe, donnée biologique invariante ( ?), se distinguerait ainsi facilement du genre, donnée sociale changeante.
– De plus, il faut distinguer entre les comportements et les identités:
* les premiers sont façonnés et déterminés par rapport à des impératifs sociaux, faits d’un mélange subtil de stéréotypes (de clichés, de poncifs, d’idées reçues), de modèles et d’assignations
* différence entre la situation réelle (je suis poilu 2, infirmière, agent féminin de liaison de la Résistance), le rôle imaginaire que les uns et les autres s’attribuent ou se voient attribuer (je suis chevalier héroïque, soignante, intermédiaire discret), et enfin la place que cela donne dans l’élaboration des valeurs et dans le système symbolique du masculin et du féminin (je suis guerrier vainqueur, « je suis ce héros… » chante Brel dans L’Homme de la Mancha, j’accueille sur mon sein le soldat blessé ou mort)
>>>> grande est l’importance de l’image de soi, de la construction identitaire, etc.q
1 En 1996, dans Masculin/Féminin, François Héritier pouvait sans beaucoup choquer écrire en écho : « On ne naît pas homme on le devient »
2 Martin Fourdrignier, en colle : « Le poilu, c’est le poids lourd de la mémoire nationale » !
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