Estuaire de la Gironde, paysages et architectures viticoles

Compte-rendu de la rédaction
Le 18 mai 2016

Estuaire de la Gironde, paysages et architectures viticoles, Inventaire général du patrimoine culturel, département de la Gironde, Lyon, Lieux dits, 2015, 189 p. + annexes (trois cartes en deuxième de couverture ; index ; orientation bibliographique) ; très nombreuses illustrations dans le texte ; 192 p. au total ; 25 euros. Images du Patrimoine 294.

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Voilà un superbe livre d’images que les girondins, auront plaisir à feuilleter, mais où tous ceux qui se sentent attirés de près ou de loin par l’histoire de la viticulture nationale – qu’ils soient ou non « accros » à nos grands ou moins célèbres millésimes -, trouveront ici toute l’information qu’ils souhaitent sans avoir à se plonger dans la lecture de ces thèses magistrales – mais faut-il vraiment les en dissuader ? -, dont peut légitimement s’honorer l’Université bordelaise : celle du regretté René Pijassou (Le Médoc, 1980) et celle plus récente, du professeur Philippe Roudié : Vignobles et vignerons du Bordelais (1850-1980), qui est de 1994 et appréhende plus largement l’espace régional. Car si riche soit ce livre, il ne peut tout dire et l’on trouvera dans ces deux titres de substantiels compléments. Ouvrage de belle facture, richement illustré, celui-ci se développe très pédagogiquement en quatre grandes parties, après une assez substantielle introduction (70 p) permettant de prendre une image globale de la richesse d’un espace de nature et d’histoire, à cheval sur l’estuaire, entre les limites nord, départementales, de l’appellation et la lisière septentrionale du massif landais. On trouvera donc à suivre quatre développements spécifiques ciblant en complément : 1- le « territoire viticole » (une cinquantaine de pages) et ses ouvertures sur le large ; 2- le bâti architectural où s’effectue le processus de vinification (une quarantaine de pages), occasion d’analyser l’organisation du château en insistant sur ces espaces centraux, vitaux, que sont les cuviers et les chaix, lieux de production, de stockage et de vieillissement du vin ; 3- « les demeures et leurs dépendances » (une cinquantaine de pages encore), soit les lieux de vie associés de la bonne société viti-vinicole bordelaise envisagés à travers quelques exemples sélectionnés, évocateurs des mutations architecturales du domaine, depuis les témoignages préservés de lointaines origines seigneuriales jusqu’à nos jours ; 4- les aspects les plus contemporains du monde viticole bordelais enfin, plus rapidement (une vingtaine de pages), saisis dans ses structures (les coopératives), ses efforts de renouveau tant architectural que technique et son ouverture commerciale, sa sociabilité (« donner à voir, donner à boire »). Voilà une fort utile contribution à la vulgarisation du vignoble girondin dans ses aspects les plus extérieurs, une superbe invitation au voyage et à la découverte de ses chaix les plus renommés, avec toute la modération souhaitable ! Mais elle laissera peut-être sur sa faim le lecteur exigeant, soucieux de pénétrer le sujet au-delà de ses apparences, aussi fascinantes soient-elles. D’où notre peu discrète invitation, ci-dessus, à se porter éventuellement vers ces ouvrages de synthèse d’origine universitaire, accessibles dans les meilleures bibliothèques ou que l’on découvrira peut-être dans le catalogue des grands acteurs du marché de la seconde main. Mais que celui ou celle qui ne se sent pas tenaillé(e), d’un désir d’approfondissement irrépressible profite pleinement de ce beau livre qui lui donnera, par le texte et l’image, un bon témoignage des réalités de cet espace réputé mythique, qui voit affluer maintenant en nombre croissant les croisiéristes vers les quais du « port de la lune », Bordeaux en l’occurrence. © Jean-Claude Maillard pour les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes, 18/05/2016. Tous droits réservés.