Compte rendu de la journée de formation « Mémoire partagée » tenue à Verdun le 17 mai 2013 au Centre Mondial de la Paix

Par Franck Schwab
Le 22 octobre 2014

Thème de la journée : « Comment penser la mémoire et son rapport avec l’histoire dans le cas de la bataille de Verdun et de la Grande Guerre ? »
Organisateurs : la « mission histoire » du Conseil général de la Meuse et le Centre départemental de documentation pédagogique (CDDP) de la Meuse.
Intervenants : Paola Filippucci, directrice d’études archéologiques et anthropologiques à l’université de Cambridge ; Gerd Krumeich, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Heinrich Heine de Düsseldorf , vice- président de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne ; Gerd Krumeich est un historien spécialiste de la Première Guerre Mondiale et de Jeanne d’Arc. Sa thèse a principale soutenue en 1975 a porté sur les armements en France (Aufrüshung und innenpolitik vor dem Etrsten Welkrieg, Wiesbaden, 1980). Signalons l’ouvrage coécrit avec Jean-Jacques Becker La Grande guerre, une histoire franco –allemande, Paris, Tallandier, 2008 Sa thèse d’habilitation est consacrée à Jeanne d’Arc. Il a publié plusieurs livres sur la Pucelle dont Jeanne d’Arc en vérité, Paris Tallandier, 2012.

Gerd Krumeich débute son intervention en disant qu’il veut donner le point de vue allemand sur une bataille de Verdun qui s’est produite dans le cadre d’une guerre dont personne ne pouvait prévoir ce qu’elle allait devenir une fois échouées les grandes offensives de l’année 1914. Une guerre totale ? Gerd Krumeich se refuse à parler de guerre totale pour la Première Guerre mondiale car cela signifierait que l’ensemble de la population a été impliquée dans le conflit. Or, même si les villes ont connu quelques destructions, les belligérants ne se sont pas attaqués aux grands centres urbains. D’autre part, les civils n’ont pas été des objets de la guerre comme ce fut le cas plus tard et les belligérants ont même cherché à les préserver. Cependant, la guerre a quand même été totale sur le plan militaire ce que prouve la disparition des « trêves de brancardiers » qui...