Communiqué – Lycées : ne pas faire des enseignants les gestionnaires de l’impuissance publique
Par le Bureau national,
Le 8 octobre 2026
Face au mouvement social lycéen, le gouvernement a décidé la mise en place de temps de « temps de démocratie interne » au sein des établissements. Si la démarche témoigne d’une attention particulière au mouvement, la mise en place de ces temps de débats soulève de nombreuses difficultés.
Organiser en quelques heures ou quelques jours les conditions d’un débat construit et serein par des collègues et personnels s’apparente davantage à la réalisation d’un cours d’improvisation que la construction d’une culture citoyenne. Un temps d’échanges ne s’improvise pas du jour au lendemain, tant par respect pour les collègues que pour les élèves. La culture démocratique est affaire de longue durée, de construction patiente et d’écoute constante. Les premiers retours d’expérience témoignent d’applications très variables selon les établissements, parfois très éloignées d’un débat ouvert.
En outre, cette décision peut placer les professeurs de lycée en porte-à-faux face à leurs élèves. Dans un contexte où nombreux collègues ont connu de fortes tensions ces derniers jours, où de nombreux éléments de revendication sont partagés parfois depuis de nombreuses années, la mesure place le professeur comme le réceptacle de la colère lycéenne. L’APHG réaffirme son vif soutien à l’ensemble des collègues dans ce contexte difficile.
Sans action politique réelle, ces temps d’accueil et de discussions dans les lycées n’auront servi qu’à transformer les enseignants en gestionnaires de l’impuissance publique. Cette situation serait extrêmement difficile à vivre pour les professeurs, eux qui alertent depuis longtemps sur la détérioration de leurs conditions de travail.
L’APHG appelle solennellement à une véritable négociation construite avec les organisations lycéennes, avec les organisations syndicales et associations représentatives, corps intermédiaires nécessaires au fonctionnement démocratique.