CENTRE POMPIDOU-METZ
1917, L’année 1917, de A à Z et de janvier à décembre, 2012, 598 pages
Sous la direction de Claire Garnier et Laurent Le Bon. Pompidou – Metz du 26 mai au 24 septembre 2012
1917, l’année impossible (Editions Complexe, 1997) selon Jean Jacques Becker. Et pourtant le Centre Pompidou –Metz a réussi à consacrer son exposition à cette année trouble. Quelle gageure, mais aussi quelle réussite ! Cette exposition présentée au Centre fut la première manifestation éclatante du Centenaire. Plus de 400 productions (photographies, périodiques, livres, photographies, affiches, tracts, cartes postales, cartes, plans, manuscrits sans compter les dessins, les peintures, les sculptures, les gravures des artistes très connus ou pas connus et inconnus y figurent. Nous disposons du catalogue pour en mesurer l’importance.
Le commissaire de l’exposition Laurent Le Bon, Directeur du Centre Pompidou de Merz s’interroge sur le choix de l’année 1917 et parle de « première tentative d’un panorama mondial de la création en 1917 ». Il cite entre autres le dossier spécial de la revue Historiens et Géographes sur 1917, paru en 1987 qui « entrouvre une fenêtre créatrice en évoquant le jazz », article écrit par Daniel Jean -Jay le Directeur de la revue, un passionné de jazz.
Comme l’écrit Claire Garnier « 1917 vise à montrer la profusion des manifestations culturelles et artistiques, tournants militaires et diplomatiques, découvertes et innovations techniques et la lecture croisée qui peut en être faite. Il s’agit de questionner l’année 1917 dans un parcours pluridisciplinaire » en utilisant les deux espaces du Centre selon deux axes : le rapport des artistes aux événements dans une première partie (Galerie 1), puis les notions de destruction, reconstruction, création dans un second temps (Grande Nef).
Dans la galerie 1, « un dessin fragmenté rythme la parcours autour d’un axe central, ligne brisée incisive » selon le scénographe Olivier Davidson. Le visiteur est plongé « dans la folie créatrice de l’année 1917 ». Aux côtés d’artistes majeurs, de célébrités du XIXe (Claude Monet, Rodin), d’ artistes missionnés sur le front, de créateurs de toutes nationalités, des représentants des avant-gardes ( Apollinaire, Bonnard, Kandinsky, Matisse, Otto Dix, Pablo Picasso), s’expriment également des amateurs ( l’art des tranchées) des individus qui s’improvisent comme témoins visuels.
La Grande Nef conçue par Didier Blin, architecte muséographe, était organisée en forme de spirale, «qui figure aussi bien « le tourbillon physique que le tourment intérieur ». Blessures, meurtrissures qui affectent las âmes les corps et les visages, les paysages et l’architecture. La question de la protection est centrale, allant su camouflage ai masque, le travestissement, la modification de l’apparence sont également centraux. Ce n’est pas le critère diachronique qui a conduit le visiteur dans l’exposition, mais il est très présent dans la catalogue.
Car le livre est conçu comme un objet complémentaire de l’exposition apportant un autre éclairage ; Très richement illustré il présente quatre parties 1.Essais 2. 1917 de A à Z 3. de 1917 de janvier à décembre 1917 (un almanach) 4. Annexes. Dans la 1ère partie les Essais introductifs les deux commissaires présentent l’exposition ‘Bonne année’ par Laurent Le Bon et ‘Parades er artifices’ par Claire Garnier puis des essais : La création artistique en temps de guerre (Philippe Dagen), Entre révolutions et camouflages (Annette Becker), Une concomitance énigmatique (Jean- Jacques Lebel), Transformations ; Les objets, les individus, l’art et la guerre (Nicholas J.Sauders), L’art des tranchées à son apogée ? Patrice Warin), 2. 1917, de A à Z, met en scène 350 artistes qui sont l’objet d’une notice sans compter les faits saillants de l’actualité de guerre 3..l’Almanach qui suit jour après jour l’actualité détaillée et interdisciplinaire de 1917. 4. Annexes. Liste des contributeurs, des œuvres exposées, contributeurs des équipes du commissariat général, un index des noms propres.
L’exposition a bénéficié de prêts exceptionnels de nombreux organismes en particulier le rideau de scène monumental du ballet Parade de Picasso du Centre Georges Pompidou que l’on ne peut montrer en raison de sa taille. Un catalogue à consulter dans toutes les grandes bibliothèques.
SNOECK
Musée de la Grande Guerre Pays de Meaux, catalogue1914 Joint Now !L’entrée en guerre de l’empire britannique 2014, 159 pages, Prix 30 €
C’est un angle original que le Musée a choisi de prendre dans le cadre du Centenaire, présenter le rôle des troupes britanniques BEF (British Expeditionary Force ou BEF dans les premiers mois de la guerre. La plus grande puissance commerciale, financière, coloniale, maritime n’avait qu’une armée de 90 000, mais de professionnels ; mais cette petite armée a joué un rôle important dans les premiers mois de la guerre et parfois décisif, au cours de la bataille de Mons, lors de la retraite, dans la première bataille de la Marne et dans la course à la mer et la première bataille d’Ypres. Elle a subi de lourdes pertes et va être renforcé par les soldats issus de l’Empire en particulier par les soldats indiens, puis pas les premiers volontaires suite à la campagne du ministre de la guerre Lord Kitchener.
En annexe les collections britanniques du Musée. Une chronologie, un lexique et une bibliographie.
EDITIONS MONELLE HAYOT
Paul Claudel, Paul Landowski, Charles Lhermitte sous la direction de l’Association Camille et Paul Claudel- .Editions Monelle Hayot, 2014, 95 pages, Prix 22 e
Catalogue de l’exposition 1914-1918 Voix d’écrivains et d’artistes
Cette exposition s’est tenue à Château-Thierry (Aisne) du 5avril au 15 juin 2014 à l’initiative de l’Association des Amis de Camille et de Paul Claudel qui a bénéficié de nombreux partenariats Elle est consacrée à trois artistes originaires de la région Claudel, Landowski et L’Hermite : trois parcours d’artistes dans la Grande Guerre sont présentés par notre collègue Vincent Bervas qui replace ces itinéraires dans le contexte de la guerre. Paul Landowski le sculpteur (1875-1961) affecté au service de camouflage et Paul Claudel (1868-1955) entré au service des prisonniers et de la propagande, puis affecté à Rome en 1916 et à Rio à l’Ambassade pour une mission économique à Rio de 1917 à 1918 Charles Lhermitte (1881-1945), fils d’un peintre réputé entre comme ingénieur chimiste au laboratoire municipal de la ville de Paris, section des études chimiques de guerre dirigée par le docteur Kling , chargé par le gouvernement de déterminer la nature du gaz employé par les Allemands le 22 avril 1915. Paul Landovski, un artiste dans la guerre par Michèle Lefrançois, montre la gestation et la réalisation de sa célèbre sculpture « Les fantômes » (groupe de 7 soldats se redressant de la terre) et plus bas La France, incarnée par une femme, réalisée en dix ans et inaugurée en 1935 par le président Albert Lebrun. Le monument se dresse près d’Oulchy- le –Château, sur la butte de Chalmont. Elizabeth Caillet s’intéresse à Paul Landovski qui écrivait tous les jours depuis l’enfance nous apprend qu’ayant vu les soldats morts gisant, il s’était juré de les redresser. Il rédige son Journal chaque jour pendant soixante ans. Dévastations, un photographe à la fin de la guerre : Charles L’Hermitte par Monique Le Pelley-Fonteny montre le goût de la photographie pour Charles dès l’Exposition universelle de 1900, puis lors de voyages avec ses parents. Il traite des sujets proches de ceux de son père peintre :paysages, vie rustique, marchés, villages. En 1918 de retour dans Mont Père sa ville natale « c’est le choc de voir sa région dévastée, les maisons à terre , les monuments détruits Il exécute une soixantaine des clichés terribles qu’il intitule Dévastations. Le catalogue consacre une étude sur Camille Claudel (1864-1943) portraitiste : quelques jalons par Anne Rivière s’attache à l’histoire et à l’étude du buste de Paul Claudel à trente sept ans et du Buste de Charles Lhermitte, bronze 1899, fils du peintre Léon Lhermitte, proche de Rodin et enfin au buste de Léon Lhermitte lui-même (1895). Liée à Rodin depuis 1883, elle rompt en 1898 Son état mental se dégradant de plus en plus elle est internée. Enfin Pascal Léocrart étudie Paul Claudel : un écrivain diplomate face à la Grande Guerre dans ses dimensions intime, diplomatique et artistique Diplomate soucieux de servir son pays et ses intérêts commerciaux et industriels, patriote farouche, développant des actions de propagande et mettant sans scrupule sa plume au service de son pays en guerre, mais catholique pleinement réconcilié avec l’Etat républicain et comme exalté par la guerre il compose également une partie de son oeuvre à l écart de cet engagement (la Messe là- bas, ou L’Homme et son désir) Il est partisan après la guerre de se mettre du côté de Berthelot et Briand en faveur de la SDN et des Etats- Unis d’Europe. Un catalogue éclairant enrichissant notre connaissance de ces artistes.
Marcel Novelli Historiens et Géographes. Tous droits réservés. Octobre 2014